‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 119 sur 305 · NE NT VD TI DEC TILL: NON: AVC · texte numérisé non relu

NE NT VD TI DEC TILL: NON: AVC

A Acquitius, néophyte en Dieu le Christ, ayant bien mérité. Il vécut 26 ans, 5 mois et 4 jours. Enseveli le troisième jour avant les nones d'août.

Ces quelques exemples sont suffisants, du moment que les inscriptions de ce genre contiennent d’autres allusions dogmatiques et seront

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Figure 113. - Crucifix blasphématoire.

par conséquent citées en grand nombre dans les pages suivantes. Le premier exemple apporté plus “haut ‘peut être du deuxième siècle, le second et le troisième, du troisième siècle et l’on peut assigner le quatrième au commencement du quatrième siècle; mais on découvre surtout l’ancienneté de la croyance au dogme que nous étudions dans l’accord de ces formules avec les expressions de la littérature de la primitive Eglise. Aïnsi, par exemple, S. Ignace d’Antioche répond à l’interrosation de l'Empereur Trajan lui demandant qui est Théophore: « Celui qui porte le Christ dans son coeur. Dieu est un... et un est Jésus-

Christ, Fils unique de Dieu» (1). |

(1) RuINART, Acta martyrum sincera, edit. Amstelod, 1713, pag. 15: « Qui Christum habet in pectore..…. Unus est Deus... atque unus est Christus Jesus Filius Dei unigenitus ».

Les premiers chrétiens se plurent à se représenter Jésus-Christ sous la forme d’un jeune Pasteur, et changèrent quelque peu l’idée du bon Pasteur de la parabole évangélique. Dans les cimetières Jésus est représenté comme le pasteur éternel qui doit porter l’âme du défunt au troupeau des élus. Toutefois les murs des Catacombes nous montrent souvent la douce figure d’un pasteur adolescent portant avec amour la brebis sur les épaules, ou encore le même pasteur assis ou appuyé sur sa houlette à l’ombre d’un arbre, entouré de son troupeau, ou retenant près de lui la brebis de prédilection. Mais nous en parlerons quand il sera question de la Communion des Saints.

Nous avons un précieux témoignage de la croyance en là divinité de Jésus-Christ dans un grafite tracé autrefois sur le mur du palais impérial à Rome, et maintenant conservé au musée Kircher. De l’époque des Antonins, il représente un homme avec une tête d'âne, crucifié. À ses pieds se trouve son serviteur qui paraît lui envoyer un baiser, signe propre de l’adoration, et au dessous se lit l’inseription :

Alexamène adore Dieu (figure 113).

Il est de notoriété publique que parmi les calomnies et les injures lancées contre les chrétiens, se trouvait l’accusation d’adorer comme Dieu un homme avec des oreilles d'âne et pour ce motif dénommé ONOKOITHZ (1).

Les païens eux-mêmes sont donc les témoins de cette croyance, et nous savons que Pline le Jeune, faisant mention des assemblées des chrétiens en Bithynie, disait que l’on y chantait une hymne en l’honneur du Christ comme Dieu (2). |

(1) Voir TERTULLIEN, Adversus Nationes, I, 14, P. L., I, 651; Apolog., XVI, P. L., 1, 421; ORIGÈNE,, Contr.. Uelsum, ME nel RG RP RRNQUS En croyons pas perdre notre temps à réfuter l'interprétation donnée par Haupt, par laquelle il attribue la scène du graffite palatin au culte païen du dieu Triphon et non à la calomnie d’adorer un âne dont étaient accusés les chrétiens. Nous ferons remarquer seulement que dans le graffite du Palatin se trouve une croix à laquelle est suspendu un homme avec une tête d'âne; et cela suffit pour écarter tout argument opposé. Quant à la source de cette calomnie, il n'y à rien de particulier du moment que les Juifs aussi ont été accusés d’adorer un âne par Apion d'Alexandrie et par Tacite. Mais ce furent les gnostiques qui professaient le culte de l’âne et il est vraisemblable que le peuple, les confondant avec les vrais chrétiens, leur eut attribué par dérision ce qui était le propre de cette secte. Voir CABROL, Dictionn. d'archéol. et de liturg., art. ÂNE.

(2) PIN. J., Lettre X, 06: « carmenque Christo quasi Deo dicere secum invicem ». Voir Notiones, Vol. I, pars I, p. 96, note 3 et ss.

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