CHAPITRE II, - LA HIÉRARCHIE
catum labi permittas, Petrum illum Apostolorum coryphaeum, fundamentum immobile, petram quae frangi nequit, Ecclesiae principem, portum inexpugnabilem, turrim inconcussam. Hic ille Petrus est, qui Christo dixit: Etiamsi oportuerit me mori tecum non te negabo. Petrus qui ex divina rivelatione veritatem confessus est: Tu es Christus filius Dei vivi: Hic nocte illa, qua traditus est Christus, ingressus est... Ac demum ipsum intuitus Jesus, quae dicta fuerant in memoriam revocavit: Qua re intellecta coepit flere ae poenitentiam de peccato agere. Veruntamen veniam ïilli concessit. Sciebat enim illum ut hominem humanum quidpiam passum esse. Sed quemadmodum iam dixi,
Figure 158. - Jésus-Christ donne à Pierre le volume de la Loi.
hoc pacto illi concredendus erat populus multus, ut ne, severus cum esset, si expers peccati fuisset, a concedenda fratribus suis venia alienus foret. Lapsus est in peccatum, ut et peccatum illud, et datam sibi à Domino veniam cogitans, aliis etiam veniam benigne concederet, secundum dispensationem Deo congruentem. Ipse enim in peccatum lab1i permissus est, cui Ecclesia committenda erat: columna Ecclesiarum, portus fidei, Petrus Doctor orbis peccare permissus est, ut haec permissio humanitatis argumentum aliis proponeretur. On pourrait continuer à citer de tels exemples pendant de longues pages rien qu'en cherchent dans les seuls ouvrages de Sainé Jean Chrysostôme; on remplirait un volume si on voulait les recucillir dans ceux de tous les Pères. Bornons-nous à citer encore un passage de Saint Augustin dans un de ses sermons au peuple: « Passionem ejus, crucem ejus praenuntiavit ei (Petro) ipse Dominus Christus, sed izm amanti non neganti. Utrumque enim tempus servavit in eo medicus: negavit infirmus, emavit senus... Ergo in illa negatione pracdicta ostendit Dominus Peétro Petrum; in illo autem amore ostendit Dominus Petro Christum: Amas me ? inquit ? Amo. Pasce oves meas » (1).
(1) Sermones ad populum, n. CCXCIX, 7.
Done l'union de la chute, de la résipiscenee et de l’exaltation de Saint Pierre était propre à la pensée des Pères de l'Eglise, et il n’est pas étonnant que les production de l'art a‘ent, elles aussi, réuni ces trois concepts en une seule scène. Celle-ci, indépendamment du sens funéraire qu'on peut lui &itribuer, offrait un enscignement moral et, indirectement, dogmatique, celui auquel visaient les Pères dans leurs homélies au peuple, ét elle est un témoin de ce que pensait ce dernier au sujet de la primauté de Saïnt Pierre.
Quant au symbolisme de cette verge avec laquelle la pierre, qui est le Christ, est frappée, notons que Saint Augustin en fait le bois de la croix: done à Pierre et à lui seul, qui est mort en croix et nous est souvent représenté portant l'instrument de son supplice, peuvent s'appliquer en quelque manière les paroles, déjà citées, du grand évêque d'Hippone: « Hoc enim dicebat, sieut in evangelio legitur, de Spiritu, quem accepturi erant credentes in eum; ad quem velui virga lignum passionis accessit ut emanaret credentibus gratia » (1). Mais un monument mis au jour l’an dernier éclaircira mieux encore tout ce que nous avons exposé jusqu'ici; nous en parlerons au paragraphe suivant. En attendant, répétons comme conelusion, que là chaire, emblème du pouvoir, et la verge portée par Pierre et par Moïse en qualité de recteurs et de chef, démontreni clairement ce que les premiers chrétiens pensatent de l’autorité de Saint Pierre, lequel apparait véritablement comme le nouveau Moïse, le nouveau conducteur e% le nouveau législateur et chef du peuple élu.