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CHAPITRE IV. - LES FINS DERNIÈRES

joie du paradis. D’autres épitaphes nous donnent les formules: PA- RADISUS LUCIS, MUNERA LUCIS, PRAEMIA LUCIS, et on relève en outre que la jouissance de cette lumière n’est autre que la vie en Dieu (1).

Ce concept, nous le trouvons aussi, joint à celui de la fontaine, dans le texte de S. Augustin déjà rapporté, où il est dit que l’âme de Nebridius puisait et se désaltérait à la source même de la lumière ineffable de Dieu. Dans un poème déjà cité, composé, à ce qu'il semble, au troi-

Figure 209. - (Cimetière de S. Calixte).

sième siècle, et trouvé récemment sur un papyrus mutilé acheté en Egypte, on lit ces belles et très vraies pensées:

I (le Christ) a été flagellé comme un exemple donné à tous pour les encouraser. et pour anéantir la mort.

Afin que, après la mort, tu puisse voir la résurrection, afin que tu puisses voir la lumière dans l'éternité, afin que tu puisses recevoir le Dieu de la lumière.

Enfin, le lieu du rafraîchissement et de la lumière est aussi appelé le lieu de la paix. Cette dernière expression devrait nous fournir, en l’absence même de données monumenteles explicites, le sens légitime

(1) Notiones, Vol. II, pars I, pag. 16458.

de la formule IN PACE ou de toute autre similaire dans une bonne partie des épitaphes qui la contiennent. J'ai étudié et analysé ailleurs cette formule (3); j'ai démontré que très souvent il faut l'entendre comme un souhait de la récompense éternelle, quand elle suppose la forme oprative, comme une affirmation de la possession de cette récompense, quand elle suppose la forme indicative. Notons à ce propos que l’on ne peut douter de l’équivalence des deux sens dans le plus grand nombre des cas, et qu'il suffit, pour s’en convaincre, de lire les formules suivantes, très nombreuses dans les cimetières:

Vivas in pace — Pax tecum — Te in pace — Priscus in pacem (suscipiatur) — In pace Spiritus Silvani, amen.

hic dormiunt (?) INNOCENTIA . ET VICTORIA. det lis auTEM . DEVS . ET DOMINVS NOSTER Jesus paceM . AETERNALEM (Rome).

Ici dorment Innocentia et Victoria. Que Dieu et notre Seigneur Jésus-Christ leur donne la paix éternelle (Les suppléments sont de de Rossi).

La figure 209 reproduit une peinture du cimetière de Saint Calixte, représentant les âmes des défunts dans le jardin du paradis. Sur là tête de chaque personnage est inscrit son nom avec la formule indicative: IN PACE. HAS

Iei la prière est déjà supposée exaucée, comme c'est le cas de cette inscription romaine où nous voyons en abrégé toute la prière du Memento mortuorum que nous venons d'examiner:

DVLCIS . ET . INNOCENS . HIC . DORMIT. SEVERIANVS IN » SOMNIO (sic) PACIS | QUI. VIXIT . ANNVS . PM . L . CVIVS . SPIRITVS IN. LVOE . DOMINI . SVSCEPTVS . EST.

Le doux et innocent Severianus dort ici avec le signe du Christ du sommeil

de la paix. Il vécut 50 ans plus ou moins, Son âme a été reçue dans la lumièredu Seigneur (2), (Inscription de l'an 397).

De l’exposé qui précède, il découle que les monuments, tant épigraphiques que figurés, reflètent les idées mêmes du Memento mortuorum, et ont par conséquent, comme cette prière, un caractère évidemment déprécatoire. Les premiers chrétiens priaient donc pour leurs défunts afin de leur obtenir au plus tôt l’admission dans le ciel.

(1) Notiones, Vol. II, pars I, pag. 122 ss.

(2) DE Rossr, Inscript., Vol. I, pag. 192, n. 443.

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