CHAPITRE VI. - SOURCES D'INSPIRATION DE L'ART CHRÉTIEN
apocryphe très ancien récemment découvert et connu sous le nom d'Odes de Salomon écrit: « Une coupe de lait me fut apportée et je l’ai bue dans la douceur de la suavité du Seigneur; cette coupe est le Fils: celui qui à été trait, c’est le Père; celui qui à trait, c’est l'Esprit. Car ses mamelles étaient pleines et il ne convenait pas que son lait se répandit en vain. L’Esprit Saint à ouvert son sein; il à mêlé le lait
Figure 280. - L'âme dans le jardin du paradis.
es deux mamelles du Père, et à donné le mélange au monde à son insu; ceux qui le reçoivent dans sa plénitude sont ceux qui sont à droite. L'Esprit Saint étendit ses ailes sur le sein de la Vierge; elle conçut et enfanta, et devint vierge-mère avec beaucoup de miséricorde ; elle devint grosse et enfanta un fils sans douleur... » (1).
(1) Odes de Salomon, ode XIX . Ce texte publié pour la première fois par RENDEL HARRIS, (The Odes and Psalms of Salomon, Cambridge, 1909), à exercé la critique depuis cinq-ans, avec abondance et profit, tant chez les catholiques : que chez les protestants; on a le droit d'en attendre beaucoup de lumière sur les origines chrétiennes. Nous avons emprunté iei la traduction de Labourt (LABOURT et BATIFFOL, Les Odes de Salomon, une œuvre chrétienne des environs de l'an 100-120. Revue Biblique, 1910; et en volume, Paris, Gabalda, 1911). La traduction de l’ode XIX se trouve dans la Revue Biblique 1910, pag. 499-500; et dans le volume, pag. 20-21.
Nous avons modifié cette traduction en un point: M. Labourt traduit: «Il voulait que son lait fût répandu largement »; la majorité des interprètes donne la traduction que nous adoptons ici. En un autre point nous nous séparerions -de M. Labourt: mais pour éviter une discussion philologique inutile ici, nous nous bornons à indiquer en note le sens que nous préférons. «Le sein de la Vierge s’en saisit (c'est à dire se saisit du mélange versé par l'Esprit Saint) -et elle conçut et enfanta ». Cette traduction a l'avantage de rendre compte de la version que Lactance nous donne de ce passage: Infirmatus est uterus -virginis et accepit fetum. Au lieu de éxputh6ey (saisit), Lactance aura lu %xp27%6ev «(s’est affaibli). Avec cette traduction, la pièce paraît beaucoup plus cohérente.
Le lait est donc ici le Fils même du Père céleste, Jésus-Christ; cela nous donne sans doute l’explication de certaines peintures antiques de la crypte de Lucine, où une coupe posés sur l’autel entre deux brebis est substituée au Bon Pasteur.
L’échelle céleste nous vient aussi de la vision de Sainte Perpétue, peut-être des actes de Saint Polyeucte; elle symbolise le martyre qui mène tout droit à la vie éternelle. Le dragon foulé aux pieds, c’est Satan qui tâche d’arracher aux fidèles la palme de la victoire. Voici comment Perpétue raconte sa vision: « Video scalam aeream mirae magnitudinis, partingentem usque ad coelum et angustam, per quam non nisi singuli ascendere possent... et erat sub ipsa scala draco cubans
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