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CHAPITRE VI. - SOURCES D'’INSPIRATION DE L'ART CHRÉTIEN

Munich représente l’Ascension d’une façon presque identique à celle des sarcophages d'Arles et de Clermont; dans un autre ivoire de la Collection Soltikoff, la même main sort de la nuée pour recevoir et attirer Jésus: même scène encore dans une miniature de la Bible de Saint-Paul.

: - Comme -laseension : d'Elie;--cette- interprétation: de l’Ascension de Notre-Seigneur est inspirée par les scènes d’apothéoses impériales. Un panégyrique de Constance Chlore, d'auteur incertain, nous dit: receptus est consensu caelitum, Jove ipso dexteram porrigente. Une mé-

Figure 293. - La Madone du Cœmeterium Majus.

daille de bronze, frappée à l’occasion de la mort de Constantin, représente cet empereur enlevé au ciel sur un quadrige, pendant qu’une main sort du ciel pour le recevoir.

Cette façon d’être ainsi attiré au ciel par la main de Dieu s'applique donc à des personnages d’une dignité exceptionnelle; par conséquent le sarcophage de Saragosse ne saurait se rapporter à l’âme d’un fidèle quelconque. N'est-ce point le cas de penser à l’entrée de l’âme de Marie au ciel ? Et ici se revèle l’importance de certains écrits apocryphes: le Liber Transitus Mariae nous parle précisément de la main de Dieu qui recueille et emporte l’âme de la Vierge: «Notre Seigneur apparut dans son humanité et s’approcha de la Vierge Marie; il étendit la main, la posa sur elle et la bénit, et Marie saisit la main, la mit sur ses yeux et pleura: et les disciples s’approchèrent d’elle et lui dirent: O Mère de la Lumière, prie pour le monde d’où tu vas sortir. Le

visage de la bienheureuse Marie resplendissait d’une clarté merveilleuse; et ayant étendu les mains elle les bénit tous; le Seigneur étendit sa main, prit son âme pure qui fut emportée aux trésors du Père » (1).

Nous n’ajouterons à ce texte aucun commentaire, mais nous tenons à déclarer notre ferme conviction que le sarcophage de Saragosse est la plus antique représentation artistique de l’Assomption de Marie, comme l’a cru de Rossi et comme le soutiennent un bon nombre d’archéologues distingués.

Si cette opinion mérite d’être acceptée, nous aurions ici la plus antique œuvre d’art où Marie soit représentée seule. Une peinture du

Figure 294.

Cimetière Majeur, postérieure de peu, si même elle n’est contemporaine, nous fait voir la vierge en orante, avec Jésus Enfant devant elle. Quelques uns ont pensé qu’il fallait plutôt y reconnaître une mère défunte et son enfant. Mais si l’on remarque les deux monogrammes du Christ disposés à droite et à gauche de ces figures et s’y rapportant certainement, et si l’on se rappelle que l’art oriental a très souvent dans ses icônes représenté de cette façon Jésus et Marie, l’on n'hésitera pas à rejeter cette opinion. Un marbre publié par Le Blant représente aussi la Vierge seule en attitude d’orante; l’inseription qui l'accompagne révèle immédiatement l’origine apocryphe: c’est la Vierge avant les fiançailles (fig. 294). |

Un sarcophage du 1V° siècle conservé au musée du Puy parait re-

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