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CHAPITRE I

Les sources de J’archéologie chrétienne.

On donne le nom de sources ‘de l’archéologie chrétienne à la série de ces documents qui contiennent,aquelque indication objective ou locale sur les monuments de la primitive Église. On peut les diviser en antérieurs eb postérieurs à Constantin. Les premiers furent détruits lors de l'incendie des bibliothèques chrétiennes par Dioclétien, en 303 de notre ère. Maïs les œuvres d’Eusèbe ‘te Césarée (265-340) nous fournissent un grand nombre d'indications précieuses; par sa fidélité dans la copie des documents, et, parfois même, d'ouvrages entiers antérieurs à lui, ainsi que pour avoir été, dans sa jeunesse, témoin oculaire des dernières persécutions, cet écrivain est généralement considéré comme un auteur préconstantinien.

Les lettres de S. Cyprien, évêque de Carthage, ne contiennent pas moins de précieuses indications, de même que le fameux livre des Philosophoumena, écrit aux premières années du troisième siècle, et découvert le siècle dernier, ainsi que quelques documents hagiographiques.

Les documents postérieurs à Constantin contiennent un plus grand nombre de détails; mais il est clair qu'ils n’ont pas la même valeur que les précédents. On y rencontre parfois des passages historiques très anciens et d’une authenticité indéniable, mais il faut beaucoup de sagacité et de doctrine pour les distinguer de ce qui fut ajouté par les compilateurs.

Donnons un rapide coup d'œil à ces documents.

ARTICLE I. — Les Actes des Martyrs (1).

On donne le nom d’Actes des Martyrs aux narrations des procès et de la mort des martyrs, rédigées soit en forme officielle, soit par des témoins oculaires, soit encore brodées, à une époque postérieure, sur les anciens procès-verbaux ou d’autres documents contemporains ou de peu postérieurs aux faits qui y sont racontés.

On peut les diviser en Actes proprement dits et en Passions ou Martyres.

Les premiers ne sont que les procès-veroaux rédigés par les chanceliers (notarii); on leur donnait alors le nom d’actes proconsulaires, parce que le proconsul remplissait les fonctions de juge dans les provinces, où les procès contre les chrétiens avaient lieu par l’autorité de ce magistrat. Ces actes contenaien, donc l’interrogatoire des accusés et le compte-rendu de toutes les mosures de persuasion ou violentes employées contre eux jusqu'au dertier supplice, ou à la fin du procès. Le procès fini, ces documents étaient déposés aux archives des provinces, où les chrétiens pouvaient le 5 consulter et même les copier, dans les temps de paix relative; et ces copies étaient adaptées, moyennant des notes, à la lecture dans les réunions liturgiques des fidèles.

Mais ces documents étaient aussi un moyen de vérifier si les chrétiens massacrés par les gentils méritaient réellement le titre de martyrs. Cela nous est témoigné par les écrits de S. Cyprien, de $. Augustin, et par le Liber Pontificalis (2). «°° |

I ne nous reste plus aucun original des actes des martyrs; cependant quelques-uns sont arrivés intacts jusqu'à nous, ayant été copiés ou insérés textuellement dans les narrations plus détaillées de témoins contemporains ou de peu postérieurs. Ce sont:

19 le martyre de S. Polycarpe; 20 l’épître des Églises de Vienne et de Lyon; 30 les Actes des Martyrs de Scylla; 49 la Passion des Saintes Perpétue et Félicité; 59 les Actes proconsulaires de $. Cyprien, évêque et martyr.

Bien que nous ayons employé les noms Passion et Martyre pour in-

(1) Notiones archaeologine Christianae disciplinis theologicis coordinatae, Vol. I, pars I, pag. 18 et seq. — Pour rendre plus facile au maître la préparation de son cours, ainsi que pour permettre à l'élève de se procurer de plus amples renseignements, je renverrai souvent à mon ouvrage latin, que j'indiquerai ainsi: Notiones, Vol... pars... pag.

(2) Voir $. CYPRIEN, Epist. XXXVII: &. AUGUSTIN, Contra Cresconium, I, III, ©. 70; MOMMSEN, Gesta Pont. Romanorum, t. I, pag. 7 et 27.

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