CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES
ARTICLE XIV. — Cimitières du Latium.
Nous venons de donner un rapide coup d'œil aux catacombes situées aux environs immédiats de Rome, et dépendantes de cette ville: nous avons, dans les articles précédents, esquissé brièvement leur histoire et donné au lecteur une faible idée de leur aspect général et de leurs principaux monuments. Notre tâche serait done terminée. Mais, le long des voies romaines ou pas très loin de celles-ci, il y à également des cimetières, tantôt en plein air et tantôt souterrains, que leur éloionement de Rome et le fait qu'ils ne dépendent pas directement de son Eglise font négliger de la plupart des archéologues chrétiens. Nous Allons les étudier rapidement dans cet article, en ayant soin d’avertir d’abord le lecteur que ces cimetières, appartenant à des communautés de campagne où le christianisme pénétra un peu plus tard qu’à la ville, sont moins anciens et par conséquent de bien moins grande importance que ceux des environs immédiats de la ville. Mais, par un phénomène curieux assez fréquent dans l’histoire des antiquités et des beaux-arts, s'ils n’ont presque aucune valeur absolue, ils ont, au contraire, une très grande valeur relati e, car ils n’ont pas été aussi dévastés par les chercheurs de reliques des dix-septième et dix-huitième siècles que les cimetières d’une plus grande importance. ‘Or, tandis que nous avons près de Rome des ruines très anciennes et du plus haut intérêt, mais dans un état de délabrement à faire pitié, ces cimetières de campagne nous offrent quelquefois les restes de monuments du même type, beaucoup moins anciens, mais presque intacts.
Presque tous les cimetières dont nous allons parler dans cet article ayant été découverts ou visités par Boldetti, nous renvoyons une fois pour toutes, pour éviter des notes toujours gênantes, ceux qui désirent avoir un plus grand nombre d'explications ou de détails à l'index du seul ouvrage qu'ait écrit cet auteur (1).
VOIE LATINE. — On retrouva en 1876 au cinquième mille (huitième kilomètre environ) de cette voie, un grand escalier de soixante-dix marches aboutissant à un hypogée dont la voûte était formée de trois arcs, le plus large au milieu et les deux autres à côté. On y ren-
(1) Osservazionti sopra à cimiteri dei Santi Martiri e antichi Cristiani di Romu. Roma, 1720, in folio. L'on pourra consulter aussi avec avantage: ARMELLINI. Gli antichi cimiteri cristiani di Roma e d'Italia. Roma, 1893.