CILAPITRI II. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES FA
tout autour en l'honneur des autres martyrs locaux. Ainsi que nous l’avons déjà dit, le mausolée de S'° Hélène faisait aussi partie de ce groupe. C'était un monument grandiose, dont il nous reste encore des ruines imposantes.
Le magnifique sarcophage de S'° Hélène que l’on admire aujourd’hui au musée du Vatican à été retrouvé ici: il suffit d’ y donner un rapide coup d'œil pour s’apercevoir qu'il à été fait d’un seul bloc colossal, en porphyre. Le Liber pontificalis en parle dans la vie de $S. Sylvestre.
ARTICLE XIII. — Voie Latine.
CIMETIÈRE DES SS. GORGONIUS ET EPIMAQUE. — Les itinéraires nous parlent de ce cimetière comme étant tout près de la porte Latine. il doit son nom à deux martyrs qui y furent ensevelis: l’un, Gorgonius, est du temps de Julien l’Apostaë (355-363). L'autre avait péri à Alexandrie d'Egypte sous la persécution de Dèce (249-251), et ses reliques furent portées d’abord à Constantinople, et ensuite à Rome. Le cimebière est beaucoup plus ancien que son nom ne le ferrait supposer; les martyrs Simplicius et Servilien, que leurs Actes disent être du temps de Trajan (98-117), ainsi que Quartus, Quintus, Sophie, Trophime et d’autres, sont certainement antérieurs à la persécution de Dioclétien. Boldetti découvrit au dix-septième siècle l’entrée de ce cimetière qu'Armellini seulement put reconnaître. Ces catacombes se trouvent sous la propriété Cartoni, à gauche de la voie, à cinq cents mètres environ &c la porte Latine. Maïs ni Boldetti ni Armellini ne purent pénétrer dans cet hypogée, dont ils trouvèrent tous deux l'entrée remplie de terre et de décombres. Il y avait ici en plein air une basilique du quatrième siècle environ qui fut plus tard restaurée par le pape Adrien I°”. Après avoir visité ce cimetière, les pélerins du moyen-âge se rendaient à une basilique appelée Tertullin, du nom d’un martyr. Il devait y avoir au-dessous un cimetière du même nom, où une tradition populaire mettait un grand nombre de martyrs. On n’a trouvé aucune trace ni de la basilique, ni des catacombes.
LE CIMETIÈRE D’'APRONIEN était le plus célèbre et le plus grand de la voie Latine: il reçut aussi le nom de S'° Eugénie, qui était celui d’une illustre martyre, victime de la persécution de Valérien (253-259), ensevelie dans cet hypogée. Comme les Actes disent qu’elle fut déposée in praedio suo, dans sa propriété, et les documents topographiques la signalent dans le même tombeau que sa mère, il est tout à fait vraisem-
Fo)
blable qu'Apronien, personnage absolument inconnu d’ailleurs, ait été un membre de sa famille, et même un de ses proches parents. Le lieu précis de ce cimetière n’est pas encore bien déterminé, mais il est probable qu'il se trouve sous la propriété Cappa, où Mgr. Bartolini put voir une galerie cimitériale. Outre S'° Eugénie, plusieurs martyrs furent ensevelis dans ces catacombes ; les documents topographiques signalent parmi eux les SS. Némésius, Olympius, Sempronius, Théodule, Supère, Oblitère et Tiburticain, mais aucun d’entre eux n'est connu aujourd'hui. Le pape Jean VIT fit ériger en 705 sur le tombeau de Sainte Eugénie une basilique qui fut plus tard restaurée par le pape Adrien I®. Les restes des martyrs furent portés en ville, à la basilique des SS. Apôtres, où ils sont encore.
Non loin du cimetière d’Apronien se trouvait une basilique en l’honneur du protomartyr S. Etienne, la seule de Ia voie Latine dont il reste quelques ruines dignes d’être observées. Les anciens auteurs des itinéraires ont confondu le protomartyr avec le pape Etienne I°°, et ont par conséquent signalé dans cette basilique le tombeau de celui-ei et de tout son clergé; or, le corps d’Etienne I% fut certainement enseveli dans la chapelle des papes, au cimetière de S. Calixte. Cette confusion des auteurs des itinéraires et l'erreur qui s'ensuit à paru fort difficile à expliquer, sans admettre un souvenir d’Etienne I sur la voie Latine; mais de Rossi pensa qu'elle gardait le souvenir du martyre de ce pape et s’efforça de concilier ainsi les deux opinions. Cette question est des plus ardues et sort complétement du cadre d’un Manuel d’Archéologie: laissons donc aux historiens le «soin de la résoudre.
CIMETIÈRE ANONYME. — Près du cinquième mille (huitième kilomètre environ) de la voie Latine, des hommes occupés à travailler dans la carrière de sable appelée del Corvo, y retrouvèrent par hasard, en 1903, un petit cimetière souterrain. Les peintures que l’on y rencontra prouvaient clairement qu'il s'agissait d’un cimetière chrétien; mais son peu d’étendue, certains détails des fresques, le fait que sur deux inseriptions que l’on avait trouvées aux environs l’une était certainement hérétique, et l’autre d’une orthodoxie fort douteuse, firent croire à certains archéologues que c'était le cimetière d’une secte gnostique et particulièrement de Sabelliens. Nous avons déjà parlé de cette opinion (p. 56); le lecteur pourra en trouver une plus ample analyse dans le premier volume de nos Notiones (1).
LATEX DAS 312)