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CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES

Latine. IL est presque entièrement intact et remonte à la seconde. moitié du troisième siècle; mais on continua à s’en servir pendant. tout le siècle suivant et même le cinquième, et l’on employa pour fermer les tombeaux des marbres qui avaient orné les splendides monuments funéraires dont la voie était bordée. La villa d’un certain Cécilius. Marcellus, dans la famille duquel le christianisme avait pénétré à la fin du deuxième ou au commencement du troisième siècle, n’étant pas loin de là, 1l est tout naturel de penser que plusieurs affranchis ou clients de: cette illustre famille furent ensevelis dans ces catacombes. Deux hameaux se trouvaient d’ailleurs dans cette localité, le Vicus Angusculanus et la Respublica Decimiensium, dont les noms peuvent $se traduire en français par village minuscule et pays de ceux du dixième (mille). Remarquons en passant que tous les dixièmes milles des voies romaines avaient une importance spéciale, perce qu'il s’y trouvait un relai de chevaux pour la poste et une taberna, sorte d’auberge et de restaurant. pour les voyageurs. Des faubourgs ne tardèrent pas à s’y établir aussi, et la Respublica Decimiensium est sans doute un de ces villages. II ne faut donc pas S’étonner si au troisième siècle il y avait déjà dans cette région non seulement une communauté chrétienne, meis une Eglise. parfaitement organisée, où se trouvaient représentés tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique, ainsi que le prouvent les inseriptions des personnages ensevelis dans ces catacombes. Nous y connaissons déjà l’épitaphe d’un prêtre, d’un diacre et d’un exorciste, et cela nous permet d'assurer que tous les autres ordres y étaient cités sur les inscriptions funéraires.

Nous ignorons encore le nombre et la qualité des martyrs qui reposaient dans ce cimetière; il esé absolument inconnu de tous les documents ecclésiastiques, et les galeries en furent bientôt comblées par les alluvions. On l’appelle le cimetière Ad Decimum.

Les travaux de déblaienment furent commencés au mois d'octobre 1912 par les Basiliens de Grottaferrata, sous la direction scientifique du Père Sixte Scaglia O. ©. R., auteur de ce Manuel, qui y avait fait lui-même, un mois avant, plusieurs visites et essais d'exploration.

Même si l’on ne trouv2ait pas dans ces ceatacombes quelques traces au moins de tombeaux de martyrs, leur voisinage de la voie consulaire, leur caractère collégial, leur entrée large et monumentale, prouvent qu'elles devaient jouir de la même situation de légelité ou tout au plus de tolérance dont jouissaient au troisième siècle, de la part des autorités civiles, les cimetières collégiaux de Rome.

Les peintures d’une signification eschatologique ne manquent point dans cet hypogée qui nous réserve encore de fort agréables surprises ;

quant à l’épigraphie, la formule in pace et, en quelques endroits, le monogramme du Christ dominent dans ses inscriptions, tandis qu’on n’y rencontre presque pas le mot depositio.

Une intéressante brochure sur ce cimetière à déjà paru (1).

VoIE APPIENNE. — La ville de Bovilles s’étendait jadis au dixième mille de la voie Appienne et correspondait à la localité appelée aujourd’hui les Frattocchie. Nous ne connaissons point l’étymologie de ce nom de Bovilles, mais l’antiquité de la voie Appienne, l’importance des dixièmes milles sur toutes les anciennes voies romaines et l’usage fréquent que les Romains faisaient des bœufs, avant que leurs srandes conquêtes leurs eussent donné l'usage et l’amour d’un luxe souvent effréné, nous autorisent à supposer que ce nom vient de bos, bovis. M. de Rossi retrouva dans les environs un très beau sarcophage décoré de bas-reliefs avec sujets bibliques, et un grand nombre d'inscriptions funéraires qu'il jugea du quatrième siècle.

En 1712, Boldetti avait déjà pénétré dans un petit cimetière chrétien situé sur la gauche de la voie Appienne, un peu au-delà des Frattocchie ; mais d’autres catacombes avaient été vues aussi dans ces parages, à droite de la voie, dans la localité connue encore aujourd’hui sous le nom de Santa Eumia: ce mot barbare est évidemment une corruption du nom de $. Eufémie, à qui une église avec titre paroissial avait été dédiée en ce lieu. Nous ne connaissons son existence que par le Liber pontificalis, qui en parle à l’an 676, au sujet du pontificat du pape Donuüs.

Mais les catacombes les plus connues de la voie Appienne aux monts Albains sont les fameuses catacombes de $S. Sénateur à Albano. On a toujours appelé Albanum le territoire de la fameuse ville d’Albe: il y avait une villa impériale et un amphithéâtre où Domitien fit exposer aux ours le fameux Acilius Glabrion, l'ancêtre chrétien de la famille ensevelie aux catacombes de Priscille. Or un cimetière chrétien y fut creusé certainement dès la fin du I° siècle: les corps de nombreux martyrs y étaient ensevelis, parmi lesquels les itinéraires rappellent une S'e Perpétue, et le martyrologe hiéronymien les quatre martyrs Second, Sévérien, Carpophore et Victorin, qui furent quelques temps confondus avec les quatre martyrs couronnés. Les galeries de cet hypogée ne sont pas fort étendues, car un cimetière en plein air y fut bientôt ajouté, ainsi qu'une basilique où était vénéré au vri° siècle le tombeau de $. Sénateur, qui donnait son nom à l’église. Trois groupes de peintures

(1) Le catacombe tuscolane ad decimum della via Latina. Grottaferrata, 1913.

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