CHAPITRE IIT. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES A
d’un style tendant au byzantin sont distribués dans les deux plus grandes cryptes: on y voit les images du Sauveur, de la Vierge, des apôtres Pierre et Paul, des martyrs iocaux et d’autres saints.
D’autres cimetières furent retrouvés dans les régions voisines, un à Nemi, d'autres à Marino, à Anzio et à Velletri; mais ils sont tous anonymes.
Vore ARDÉATINE. — Outre la nécropole des Flaviens, cette voie avait aussi beaucoup de petits cimetières, dont on ne connaît pag encore le nom. Il y en à un au troisième mille de la voie, là où s’élève une petite église appelée l’Annunziatella, mais il est dans un état de destruction complète. Deux autres cimetières ne sont guère mieux conservés : l’un fut découvert par Bosio également près de l’église de l’'Annuneiatella; Boldetti retrouva l’autre dont les galeries s'étendent vers le tombeau de Cecilia Metella. Les Actes des SS. Nérée et Achillée indiquent au Septième mille de la voie Ardéatine la propriété funéraire ou cimetière de Se Felicola.
VOIE D'OSTIE. — Bosio retrouva en 1607, au septième mille de cette voie, un cimetière appelé de Cyriaque. Il devait son nom à un compagnon de martyre des SS. Largus et Smaragdus et de vingt autres chrétiens, tués pendant la persécution de Maximien. Une basilique y fut érigée peut-être au Iv° siècle, avec quatre grandes niches, et des bâtiments y furent annexés: elle fut restaurée en 626 par Honorius 1°, et, plus tard, par les papes Léon ITT et Benoît III, Pascal 1° fit porter en ville les corps des martyrs, à l’église de S®® Praxède.
OSTIE. — Il ne paraît pas que ce siège suburbicaire, rendu fameux par ce que nous dit S. Augustin de sa mère S® Monique dans son livre des Confessions, ait possédé des catacombes, mais seulement des cimetières en plein air. Les martyrs de l’église d’Ostie y furent ensevelis: ce sont S. Cyriaque, un de ses évêques, le prêtre Maxime avec son diacre Archélaüs, un autre Maxime, un prêvre Astérius, les saints Claude, Honorat, Alexandre, Florus, Démitrie, Prepedigna, une famille entière, et beaucoup d’autres. Mais la plus célèbre de toutes fut la martyre Aurea, tuée avec plusieurs de ses compagnons dans la foi; la cathédrale qui lui fut dédiée dès la plus haute antiquité, fut ensuite restaurée. par Léon III et Léon IV, et entièrement reconstruite par le cardinal Gesualdo au xv° siècle.
Il ne reste de ces cimetières que leurs inscriptions, qui furent en partie recueillies à l'évêché d’Ostie et dans un musée local, et portées
oÙ MANUEL D’'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE
en partie au musée de Latran. La phrase initiale HIC DORMIT, placée après le nom du défunt, est particulière aux inscriptions d’Ostie, ainsi que cette formule finale remplie de sainte résignation: quando Deus voluerit, cum Deus permiserit. Une inscription du [* siècle rappelle par ses noms les rapports qu’il y eut, selon la tradition, entre Année Sénèque, ie précepteur de Néron, et l’Apôtre S. Paul. On y lit: «Mare Année Paul fit à son très cher fils Mare Année Paul Pierre ».
VOIE DE PorTo. — Nous avons déjà parlé brièvement du cimetière de Generosa: d’autres tombeaux furent aussi retrouvés sur cette voie, mais il sont tous d’une très petite importance. Au contraire, Les souvenirs primitifs de l'Eglise de Porto sont célèbres: ses principaux martyrs sont nommés par le Calendrier Libérien et les recueils de Passions: ce sont Acontius, Félix, Sextus, Jules, Ariston, Hyacinthe, Aurèle, Avril, Martial, Saturnin, Epictète, Eutrope, Herculanus, Taurinus, Gennara, Secondilla, Paule, Bonosa, Primitiva, Zosima et Nonnus. Ils étaient ensevelis dans différents cimetières, dont l’un appelé Capo due rami, et deux autres à qui l’on peut donner le nom des martyrs qui y furent déposés: celui des S$S. Eutrope, Bonosa et Zosima, et celui des SS. Hippolyte, Taurinus et Herculanus. Ils étaient tous à ciel ouvert.
Les origines de l'Eglise de Porto sont des plus obscures, mais les martyrs que nous venons de nommer sont attribués par leurs légendes à l’âge apostolique; cette croyance pourrait être soutenue par le fait qu'on y rencontre aussi quelques souvenirs de communautés judaïques, car on sait que les disciples des apôtres prêchèrent d’abord dans les synagogues. Quoi qu'il en soit, cette église est certainement très ancienne: l’épigraphie porte des traces du troisième et même du deuxième siècle, et, bien que les documents disent communément que le premier évêque de Porto fut $. Hippolyte, qui vécut au troisième siècle, ét sur qui l’on discute tant, il est raisonnable de croire qu'il à été élu après la séparation de l’église de Porto de celle d’Ostie dont elle faisait partie.
L'épigraphie de Porto diffère de celle d’Ostie, maïs la formule hic dormit n'y manque pas, et l’on rencontre souvent la phrase finale in Domino, in Christo, in Deo vivas, ou vivant. Une des plus remarquables est l'inscription de la martyre Zosima, que M. de Rossi trouva mutilée, mais qu'il compléta avec beaucoup de sagacité. L'on peut dire que c’est un des plus précieux joyaux de l’antiquité chrétienne ().
(1) Notiones, Vol. IT, pars. 1, p. 135. Un grand nombre des inscriptions de: Porto furent recueillies par le cardinal Pacca et sont gardées à l'évêché de Porto.