CHAPITRE JITI. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES
Adrien, mais ils sont plus vraisemblablement du 11° siècle. Aux temps de la paix, on bâtit ici une ample basilique à demi-souterraine qui, à l’égal d’autres églises cimitériales, put s’incorporer les monuments des trois martyrs. Le pape Pie IX fit reconstruire la basilique; on y garde encore la balustrade en marbre qui fermait d’un côté le tombeau des Saints Eventius et Alexandre, changé en autel, ou peut-être restauré seulement au v° siècle par l’évêque Ursus de Ficulea et Nomentum: il y fit inscrire la dédicace suivante encore hsible sur le marbre de la balustrade: Æventio et Alexandro Delicatus voto posuit, dedicante episcopo Urso.
Au xXIV° mille il y à un autre cimetière, que les martyrologes appellent ad arcus nomentanos; il est encore accessible, mais complètement dévasté. On y déposa les corps des Saints Primus et Félicien, morts en 287, et l’on y construisit une église dont on voyait encore les restes aux temps de Bosio; plus tard, on y érigea une chapelle qui existe encore. Le pape Théodore (645) porta à l’église de S. Étienne-le-Rond, sur le Célius, à Rome, les reliques de ces deux martyrs.
Bosio découvrit au XVI* mille un petit cimetière au-dessous d’une basilique qui existait encore à son époque, et qu'il reconnut pour être du martyr S. Restitutus. Ses actes disent qu'il fut enterré dans la propriété d’une matrone appelée Juste et racontent que la renommée de ce martyr s'étant répandue dans la ville voisine de Nomentum, un grand nombre de malades accouraient à son tombeau pour recouvrer la santé. Le corps du martyr y resta jusqu'aux temps du pape Adrien [°, qui le porta à l’église de S. André in aurisario à Rome.
Le cimetière n’est plus accessible. Pas loin de là est encore conservé le souvenir des martyrs Eutichès et Maxime, compagnons de $S. Victorin d’Amiterne, qui souffrirent le martyre dans ces parages.
Vore TIBURTINE. — Les actes de Ste Symphorose racontent que presque à une égale distance entre Rome et Tivoli (1x° mille) fut ensevelie une célèbre famille chrétienne, Symphorose avec ses 7 fils, tués sous l’empereur Adrien. Les itinéraires indiquent dans ce même endroit une basilique appelée de S® Symphorose ad septem fratres d’où la localité était encore appelée au xvII° siècle delle sette fratte, corruption, sans doute, de l'indication précédente. Bosio parvint à retrouver les ruines de l’ancienne basilique, qui fut mieux étudiée par Laderchi vers 18753; elle avait 40 mètres de long et 20 de large, avec trois nefs, divisés par six piliers qui soutenaient dans l'antiquité huit arcades. Derrière la basilique, dans le sens opposé, étaient les ruines d’une autre basilique à trois absides, comme on en voit au-dessus ducimetière deS.Calixte, mais
plus petites. C'était l’usage, en effet, de réunir plusieurs sanctuaires dans un même endroit; nous en avons un exemple au-dessus des cimetières de Priscille et des S$S. Marc et Marcellien. Ici le tombeau des sept frères martyrs et de leur mère paraît avoir été dans la basilique plus petite, longue de 17 mètres et large de 14; Stevenson en fit une étude et une illustration spéciale. On appela aussi du nom des sept frères les fosses où ils furent jetés après d’horribles supplices. Les païens l’appelèrent ad septem biothanatos, aux sept suppliciés: ce nom était devenu synonyme de malfaiteur, et il était par mépris appliqué aux chrétiens. D'après une inscription locale, le vrai nom de leur mère aurait été Sympherousa et aurait porté le nom de la célèbre famille Cornelia (1).
VOIE PRÉNESTINE. — Près de l’ancienne ville de Gabies, détruite aujourd’hui, il y avait depuis des temps fort anciens un cimetière chrétien qui doit son origine et son nom, comme tant d’autres, au tombeau d’un martyr en l’honneur duquel fut érigée aussi une basilique : son nom était S. Primitif. Près de là était un autre sanctuaire de martyrs, à qui le consul Félix (428 ? - 511 ?) dédia une plaque votive en reconnaissance des continuels bienfaits qu'il en avait reçu; on la conserve aujourd’hui au musée du Latran. Primitif fut le compagnon de $S. Gétrilius : il fut jeté dans le lac de Gabies, d’où le tira un prêtre du nom d'Exuperantius. Au xI° siècle un monastère appelé des SS. Primitif et Nicolas était adjoint à la basilique du martyr. Il n’en reste que le: campanile adossé à quelques ruines de la basilique.
On conserve à Préneste le souvenir du martyr S. Agapit, victime de. la persécution d’Aurélien. Ici aussi, surtout après la paix de l'Eglise, les fidèles aimèrent à être ensevelis près de son tombeau et dans la basilique qui lui était consacrée, ainsi que le prouvent plusieurs inscriptions prénestines. L'emplacement exact de ce monument put être reconnu en 1864, dans une localité appelée les Quadrelle. On y retrouva même les restes de la basilique dans laquelle avaient été les reliques du martyr jusqu’au xI° siècle; mais peu à peu on les perdit une autre fois. Cette église fut le but de pélerinages: un autre cimetière souterrain s’étendait peut-être au-dessous. On dit que Préneste reçut l'Évangile de S. Pierre lui-même; il dut done y avoir dès les premiers âges un cimetière; mais il n’en reste aucune trace (2).
Tout récemment, au trentième mille, près de la colline S. Quirico, dans le territoire de Pagliano, fut découvert un cimetière assez étendu, avec beaucoup de tombes intactes et une riche moisson d’épitaphes.
(1) STEVENSON. La basilique de Ste Symphorose et.de ses sept fils, p. 87. (2) Voir: MaruccHI. Guida archeologica dell'antica Preneste, p. 142.