‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 45 sur 305 · CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES O · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES O

Vote AURELIA. — Les documents indiquent au quatrième mille de cette voie le cimetière des SS. Nabor et Nazaire, qu'il ne faut pas confondre avec leurs anonymes de Milan. Une basilique fut encore édifiée sur le cimetière au 1V° siècle, maïs il ne reste aucune trace ni de l’un ni de l’autre. Au neuvième mille, près de l’ancienne ville de Borium, Boldetti découvrit le cimetière de Basilide, qu'il prit pour celui des SS. Marius et Marthe; ce n’était que quelques galeries dont tous les loculi étaient ouverts.

VOIE CORNELIA. — Au dixième mille de cette voie, une grande ferme et une petite église appelée de S® Rufine rappellent le célèbre bourg de Sylva Candida, Situé autour d’un cimetière du 1r1° siècle fondé par une matrone du nom de Plautilla dans sa propriété de Buxum ou Buxetum où elle avait déposé le corps de $S. Rufine, victime de la persécution de Valérien, et de sa.sœur Seconde. Le nom de Sylva Candida vient de ce qu'il y avait là un lieu destiné aux exécutions capitales, où plusieurs chrétiens cueillirent la palme du martyre, et où furent décapités aussi les saints Pierre et Marcellin. Le pape Jules I érigea sur le tombeau des deux sœurs une basilique qui fut terminée par le pape Damase: elle devient bientôt le centre d’une Eglise florissante, dirigée par un évêque. Le bourg fut détruit par les Sarrasins, et Calixte IT joignit le titre de ce diocèse au titre cardinalice de Porto. Les corps des deux martyres furent portées à Rome à la basilique du Latran, où ils sont encore.

Un autre cimetière est indiqué par les documents au xitr° mille de cette même voie: pendant la persécution de Claude le Gothique, les deux martyrs Marius et Marthe y furent immolés et ensevelis avec leurs enfants Audifax et Abaque. La localité reçut le nom de ad nymphas Catabassi, maïs on n’a rien retrouvé du cimetière installé dans un arénaire.

VMorE CASSIA. — Cette voie est peu connue à Rome, car elle était appelée Claudia jusqu’au x1° mille. Dans la partie qui porte cet autre nom, au monte Mario, elle passe à côté d’un cimetière anonyme retrouvé par Boldetti. On retrouva au siècle dernier, au Xx° mille de cette voie, un riche tombeau chrétien, avec les fragments d’un autel qui appartenait sans doute à une basilique érigée ici en 321, ainsi que nous le lisons dans les Actes de $. Alexandre, évêque et martyr enseveli dans cette localité. Selon ces mêmes actes, le cimetière avait été fondé au temps d’un pseudo-Antonin qui paraît être Caracalla, près d’une

station appelée ad Baccanas et vacanas, d’où son nom de $. Alexandre ou de Baccano (1).

VOIE FLAMINIENNE. — Dans l’ancien territoire de Véies, au xIrr° mille de cette voie, Boldetti découvrit un petit cimetière qui dut appartenir à un village appelé Rubrae.

Au xx° mille, sur le célèbre territoire de Capènes, où étaient le bois et le temple de Feronia démantelé par Hannibal, on découvrit en 1684 un petit cimetière souterrain appelé ad Vigesimum, important parce qu'il était situé dans un des centres les plus remarquables de l’idolâtrie.

Au xxv° mille, près de Morlupo, on a découvert, il y à trois ans, un cimetière dont les inscriptions encore à leur place portent plus d’une date consulaire du IV° siècle. Il y en avait un autre près de Rignano, au XXvVI* mille, où était l’antique Capènes. II portait le nom de Sainte Théodore, mais il a été jusqu'ici impossible de le retrouver (2).

VOIE SALARIA. — Au xxIII° mille de cette voie existait encore avant 1870, époque où elle fut détruite, la basilique de $. Antime (située dans le diocèse de Cures), au-dessous de laquelle on pouvait jadis parcourir quelques galeries cimitériales, absolument inaccessibles aujourd’hui. Le cimetière et le siège épiscopal prenaient le nom de S. Antime.

Au xxv° mille, près de Monteleone, était le cimetière de S. Hyacinthe, souvent nommé dans les documents de l’abbaye de Farfa, et une basilique appelée de $. Victorin, qui existe encore. Boldetti put pénétrer dans le cimetière souterrain, mais le trouva entièrement ravagé. On n’en connaît plus aujourd’hui que l’emplacement.

Près de Cures, là où une voie ancienne se détache de la voie Salaria, il y avait le cimetière de $. Gétule, qu'il ne faut pas confondre avec celui du martyr homonyme de la voie Labicane. Avec l’aide des documents de l’abbaye de Farfa, Galletti put en établir l’emplacement, mais on n’y à Jamais fait de recherches.

VOIE NOMENTANE. — Au vVrr° mille de cette voie appelée anciennement Ficulensis, du nom de la célèbre ville de Ficulea, rappelée par Tite- Live, un petit cimetière chrétien fut creusé au II° ou ztr° siècle. L’on y ensevelit les corps des martyrs Eventius et Théodule, prêtres, et de l’évêque Alexandre que l’on crut pendant longtemps le pape Alexandre I° lui-même. La légende de ces martyrs place leur mort en 132, sous

(1) Voir: G. B. DE Rossr. Bollettino di arch. crist., 1875, p. 142-152. (2) G. B. DE Rossr. Annali dell’Istit. Arch. German., p. 253 et suiv.

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