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CHAPITRE II. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES

vertes par une sorte de baldaquia creusé dans le tuf, tels qu’on en voit aussi à Naples; elles servaient pour des familles entières. Des loculi creusés dans les parois, et des formae, tombeaux creusés dans le pavé, comme on en trouve dans les catacombes romaines, sont aussi dans ce cimetière. Certains tombeaux très-grands devaient être des sépultures privilégiées; mais avec le temps il y en eut d’autres adossées et superposées de toutes les façons.

Les inscriptions sont pour la plupart en grec; ce qui prouve à Rome une très haute antiquité, ne le prouve point en Sicile ni en général dans les autres parties de la Grande Grèce. Les peintures sont rares et pour la plupart d’une époque avancée: on à retrouvé parmi les sculptures le fameux sarcophage d'Adelphia (fig. 284) (1).

Cimetières de Julia Concordia (Portogruaro) (2) et de Vicence (3). — Le cimetière de Julia Concordia est à ciel ouvert, formé d’un grand nombre de sarcophages ea pierre calcaire du lieu, sans bas-reliefs, avec couvercles en forme de toit, ornés de parapet et décorés parfois de croix monogrammatiques, souvent sans inscriptions. Parmi les cimetières de ce genre c’est le mieux conservé, bien qu'il ait subi les incursions des Huns, les secousses des tremblement de terre, et tous les dégâts que peuvent apporter à un monument les populations locales et les visiteurs mêmes. Quand en 1873 on commenca à le débarrasser des terres sous lesquelles il gisait depuis plusieurs siècles, il était dans un état de dévastation complète. Comme dans tous les grands cimetières en plein air il y avait des inscriptions menaçant d’amendes les violateurs de tombeaux, tandis que quelques-unes recommandaient la garde et la protection des tombeaux à l’église, au clergé ou à la communauté des frères : Petimus omnem clerum et cunctam fraternitatem. Cette formule que l’on voit aussi dans un marbre gardé à Venise au xXvI° siècle, dans la maison des Lorédani, est propre à l’épigraphie vénitienne et ressemble aux formules épigraphiques de Salone, comme nous allons voir. Le cimetière n’est pas antérieur au Iv° siècle. |

A Vicence, dans la Vénétie, on a entrepris il y à cinq ans des fouilles autour d’une ancienne basilique des SS. Félix et Fortunat; comme on pouvait sy attendre, on trouva tout de suite des signes de la vénération qu’on avait témoignée à leur tombeau; et l’on put y reconnaître l'existence d’un cimetière commencé au 1V° siècle. Ici, comme au cime-

(1) Notones. Vol. II, pars. 3, pag. 127 et suiv.

(2) M. BarTOLINI. Bull. de l’instit. de Corr. arch. 1873, pag. 58-63; 1874, p. 18-47.

(3) GrAROLO. La necrop. crist. di Vicenza. Vicenza, 1908.

tière voisin de Concordia les sarcophages Ce pierre avaient Ces couvercles à gouttières, avec des bas-reliefs rapportés et des croix monoerammatiques ; mais il y avait aussi d’autres formes d’arches funéraires, des caisses en bronze, en terre cuite, et d’autres fabriquées avec de orosses briques de différentes formes.

Pour ne pas ébranler le magnifique clocher roman adossé à cette basilique, les fouilles furent interrompues.

Catacombes de Malte. — Une tradition bien fondée veut que les îles du groupe de Malte aient été évangélisées par l’apôtre des Gentils, quand il faillit sombrer dans ces parages. Et vraiment, non loin de l’ancienne capitale de la plus grande île, un vaste cimetière se développa autour d’un très-ancien noyau cimitérial qui semble remonter aux débuts du 11° siècle: ces catacombes portent encore le nom de S. Paul, sans doute à cause delà grotte voisine, où l’apôtre avait trouvé un refuge. Mais il y à aussi d’autres cimetières chrétiens, dont quelquesuns ont un caractère évidemment collégial, mais, ainsi que nous l’indiquions, ils sont formés de chambres et d’amples corridors communiquant entre eux, plutôt que de galeries: 14 forma et le tombeau à arc y dominent, ce dernier souvent surmonté d’un baldaquin. De part et d'autre, l’excavation prend là forme d’un hémicyele, et même d’un large espace circulaire, et semble le lieu de réunion d’une société ou une église. Le savant Caruana qui, ces dernières années, à décrit magistralement ces cimetières y à appliqué les principes formulés par M. De Rossi et son frère. Grâce à des recherches consciencieuses finies en 1896, ila pu reconnaître que les catacombes maltaises ont eu les mêmes vicissitudes que celles de Rome; elles furent sequestrées et fermées à leurs entrées principales par les chrétiens eux-mêmes, et obstruées de terre et de pierres, pour en empêcher là profanation (1).

ARTICLE XVI. — Cimetières hors d'Italie - Europe. Dalmatie. — Cimetière de Marusinac. — Cimetière de Pola. — Cimetière de Salone avec basilique. — Cimetière de Syrmium. Gaule. — Cimetière d’Aliscamps. — Cimetière de Clermont. — Cimetière souterrain de S. Irénée (près de Lyon). — Crypte de S. Victor (près de Marseille). — Cimetière de Poitiers. — Cimetière d'Uzès. —

Cimetière de Vienne.

(1) CARUANA. Ancient pagan tombs and Christian cemeteries in the island of Malta. Malta, 1898.

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