‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 53 sur 305 · CHAPITRE II. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. - BRÈVES NOTES DESCRIPTIVES DES CIMETIÈRES

beaux de tout genre, surtout des formae et des sarcophages, ces derniers. tantôt isolés et soutenus par des bases, tantôt enchâssés dans les murs, simples ou ornés de bas-reliefs. Nous ne dirons rien des origines chrétiennes de Salone; remarquons seulement que, si la pieuse tradition attribuant l’évangélisation de ce pays à $S. Doïmus, son premier évêque, qui aurait été envoyé par S. Pierre lui-même, parait dépouvue de données historiques l’église de Salone est toujours une des plus anciennes et remonte au moins au 11° siècle (1).

Cimetière d'Arles (Gaule). — La ville d'Arles était une station des. pélerins du moyen-âge qui se rendaient à S. Jacques-de-Compostelle; ils S'y arrêtaient comme à un sanctuaire fameux. Il y avait, en effet, deux basiliques anciennes, celle de S. Honorat et celle de S. Pierre. Dans la première avait été déposé le corps du premier évêque du lieu qu'une tradition fait également disciple de S. Pierre. Le cimetière d’Arles était à ciel ouvert et contenait un nombre immense de morts. Les sarcophages simples y étaient amoncelés: d’autres, isolés, étaient ornés de bas-reliefs tout à fait ressemblants à ceux trouvés dans les catacombes romaines. Quant à l’épigraphie, elle n'offre aucune trace de cette antiquité à laquelle on fait remonter la fondation de l’église d'Arles; mais les ruines sur lesquelles fut érigée l’église de S. Etienne. appartiennent à un oratoire antérieur à l’âge constantinien.

Nécropole de la grande Oasis (El-Bagaouat). — Située à cinq kilomètres de la ville d’El-Khargeh (Egypte), cette nécropole fut avec raison appelée Pompéi chrétienne, car elle n’a point l'aspect d’un eimetière, mais d’une ville saccagée. C’est un ensemble de chapelles et d’enclos funéraires munis des édifices nécessaires au culte et à la garde des monuments; on y voit déjà résolus les problèmes architectoniques propres à l’architecture orientale. La nécropole s'étend sur un kilomètre environ de longueur et sur presque trois cents mètres de largeur on y voit toutes sortes de tombeaux. Il y en à de creusés dans le rocher montagneux comme dans le sol; mais ce qui est le plus important, c’est le groupe imposant des constructions qu’on prendrait volontiers pour les restes d'autant de petites églises. Elles ont en effet des portes généralement surmontées de faux-arcs que deux colonnes paraissent soutenir de chaque côté, mais sans aucune nuance de variété. Les façades portent encore les traces d’un ancien

(1) Voir pour plus de détails; Bull. di Archeol. e storia dalmata, 1892, p. 145 et suiv., et 1894.

ZeiLLer. Mélanges d'archéologie et d'hist. 1902, p. 429-437; 1904, page 132 et. suivantes.

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