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CHAPITRE VI

Les édifices sacrés.

ARTICLE I. — Les églises avant la paix de Constantin.

La détermination des titres urbains doit nous introduire naturellement dans la question des édifices employés au culte. Que ces édifices existassent même avant la paix de l’Église, c’est ce que nous venons de démontrer, mais cet article le démontrera avec encore plus d’évidence. Une distinction s'impose tout d’abord, entre les édifices et les églises domestiques.

C’est un fait indéniable qu’à Rome les églises titulaires plus anciennes paraissent avoir été des oratoires domestiques, des maison particulières où avaient lieu les réunions liturgiques du dimanche, plus ou moins secrètes selon les conditions des temps. Mais, comme, à Rome et dans la province d'Afrique, on était obligé parfois de célébrer le culte divin même dans les cimetières, nous devons croire que cela était possible à ciel ouvert plutôt que sous terre.

M. de Rossi à reconnu dans deux constructions anciennes situées au-dessus du cimetière de $. Calixte deux cellae trichorae, ou édifices à trois absides, ouverts à l’origine par-devant en guise d’éxèdres, et il démontra qu’elles purent parfaitement servir à des réunions litursiques. De pareils édifices ne devaient être en assez grand nombre au-dessus des régions cimitériales: dans la propriété du cimetière de Prétextat, il existe encore aujourd’hui les restes d’un édifice muni d’abside qui, dès le 1r1° siècle, servit certainement de basilique chrétienne.

Une autre cella trichora fut retrouvée par Stevenson sur la voie Tiburtine, mais elle était rasée jusqu'aux fondements. Or, ce que nous

constatons dans les cimetières de la campagne romaine se trouve aussi dans de très anciens documents historiques pour là ville d’Antioche et la province de Bithynie. Tout le monde sait, en effet, que les reliques de S. Ignace, exposé aux bêtes dans un amphithéâtre de Rome, furent portées à Antioche et ensevelies dans un cimetière chrétien hors de la porte de Daphné. Or, nous savons par les actes de son mar-

Figure 76. - Oratoire du 111 siècle au dessus du cimetière de S. Calixte, changé en maison de campagne.

tyre que c'était un endroit où il était permis aux chrétiens de se réunir pour y louer Dieu avec son Christ. Ces derniers mots regardant le Christ se trouvent dans le texte gréco-copte des actes, et ont beaucoup d’affinité avec les paroles de Pline dans sa lettre à Trajan: « Que les chrétiens ont l’habitude de se réunir à jour fixe avant l’aube, et de réciter alternativement un cantique au Christ, comme à Dieu. » Mais l’empereur Trajan avait aboli toute espèce de confrérie qui ne fût point reconnue; nous devons donc retenir que ces assemblées avaient plutôt lieu en secret et dans des possessions funéraires. Voilà donc deux textes du commencement du II° siècle, que l’on peut mettre en comparaison avec celui de Tertullien: « Vous connaissez aussi les jours de nos 2ssemblées, et, malgré cela nous sommes assiégés et opprimés, et nous

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