‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 101 sur 110 · I. — BRONZES · texte numérisé non relu

I. — BRONZES

GuiLLAUxME : La Sculpture en bron:^e, conférence faite à V Union centrale des Beaux-Arts, le 29 avril 1868. — Friederichs : Kleinere Kunst und Industrie in Alterthum. Berlin, 1871. — Overbeck : Pompéi. Leipzig, 1875, — Longpériër : Notice des bronzes antiques du Louvre. 1879.

On ne sait à quel moment les Romains commencèrent à pratiquer Pindustrie du bronze. Comme toutes les autres, elle leur fut évidemment enseignée par les Étrusques et parles Grecs. Dès le v« siècle avant notre ère, les textes mentionnent une statue de bronze à Rome, celle de Gérés, faite avec le produit des biens de Spurius Cassius. A partir du iii" siècle, l'emploi du métal se généralise. La technique, perfectionnée par une longue tradition dont les Romains venus tard à la civilisation •recueillent le bénéfice, permet de travailler vite et à bon marché. Aussi à Pépoque impériale les faiseurs de

ARCHÉOL. ÉTRUSQUE. Ip

portraits officiels, obligés par la courte durée des règnes à une main-d'œuvre expéditive, n'ont-ils garde de négliger une matière d'un traitement aussi rapide. Empereurs, impératrices, favoris, tous les puissants du jour sont coulés en bronze, pour être rejetés à la fonte au moment de leur chute et servir aux portraits non moins éphémères de leurs successeurs.

Ce qu'étaient toutes ces statues, pour la plupart détruites, on se le figure aisément d'après les statues de marbre qui nous ont été conservées. La matière était différente, mais le style ne changeait pas. Il n'y a donc pas lieu de revenir sur des observations qui ont trouvé place dans le chapitre de la sculpture. Considérons seulement ici les petits bronzes et les bronzes industriels, statuettes, ornements, appliques, ustensiles de ménage et de toilette, instruments, armes, objets d'usage journalier et objets de prix, ex-voto populaires, amulettes, bronzes d'étagère, etc. La variété en est infinie. Et quelle richesse d'imagination, quelle dextérité de travail, quelle délicatesse exquise parfois ! Il faudrait pouvoir promener le lecteur à travers les collections de Naples, collections admirables, uniques au monde et sans cesse renouvelées par les découvertes de Pompéi. Il faudrait aussi lui montrer dans le détail les collections de Paris, de Berlin et de Londres, sans compter tant de bronzes curieux dispersés dans les cabinets des amateurs. Mais je dois me borner à quelques types remarquables, choisis de préférence parmi les bronzes de la belle époque gréco-romaine, c'est-à-dire du i^^ siècle après J. -G. Ils se répartissent de la manière suivante : i° Statuettes; 2° Ustensiles.

LES BRONZES ET LES ARMES

1° Statuettes. — Parmi les statuettes, la série la plus abondante est celle des images mythologiques. Les unes étaient consacrées dans les temples comme le prouvent les inscriptions dédicatoires qu^elles portent quelquefois; les autres ornaient de petites chapelles domestiques. Elles reproduisaient, en général, les images traditionnelles des divinités et n^étaient guère que les réductions plus ou moins exactes des statues adorées dans les sanctuaires publics. L^illusion serait grande si Ton s^imaginait y trouver beaucoup de chefs-d'œuvre. Les beaux morceaux sont rares. Les besoins de la dévotion populaire faisaient naître une multitude de figurines d'un style lourd, d'une facture médiocre , parfois même presque informes, et qui ne valaient que par le sentiment qu'on y attachait. La fig. 1 3 2 représente un Génie ou peut-être un Mercure trouvé près d'Annecy et appartenant à la collection Dutuit. Comme sur la plupart des statuettes de prix, les yeux étaient incrustés d'argent.

Des figurines mythologiques nous passons aux figurines portraits : ces deux genres, très éloignés en apparence, se touchent de très près', par suite de l'usage romain d'assimiler les personnages impériaux aux divi-

Page 1