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TETE DU JOUEUR DE CITHARE

(Peinture de Cornéto.)

de clair-obscur, un modelé sobrement indiqué par quelques traits précis; des draperies transparentes qui laissent voir le nu sous l'étoffe; sur les visages, une certaine recherche d'expression ; enfin une coloration qui n'est plus réduite au noir, au rouge, au blanc et au jaune, mais où paraît le bleu, où commence à

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avec sa bouche entr^ouverte et ses regards levés au ciel, le Joueur de cithare a bien Pair d^un homme inspiré qui s'abandonne tout entier à une improvisation musicale (fig. 36). L'artiste inconnu qui a dessiné cette tête a certainement subi l'influence de l'école de Polygnote. Polygnote fut le premier peintre qui, au témoignage des anciens, rompit avec les types consacrés et chercha à donner plus de vie à la physionomie de ses personnages en leur entr'ouvrant la bouche; c'est lui aussi qui le premier sut peindre les étoffes transparentes flottant autour des corps. Les peintures étrusques de style sévère sont donc postérieures à Polygnote et par conséquent au v® siècle.

S'ils appliquent les procédés de la peinture grecque et en suivent pas à pas les progrès, les peintres étrusques de cette époque n'empruntent pas leurs sujets à la mythologie ni aux légendes helléniques. Leurs compositions ont trait "plus ou moins directement au culte des morts. Voici celles qui reviennent le plus souvent :

1° Le banquet. — Sur un lit, chargé de tapis et de coussins, deux personnages, un' homme et une femme, sont à demi couchés, comme sur le sarcophage de Caeré (Louvre) qui a été cité plus haut. Ils sont tous deux vêtus d'étoffes brillantes, garnies de dessins variés et de broderies qui en rehaussent l'éclat. La femme est ordinairement coiffée de la coiffure toscane, du tutulus, sorte de capuchon dont les pans tombent sur les épaules, et elle porte une riche parure de bijoux. Parfois au lieu d'un lit, il y en a trois, chacun d'eux avec un couple : c'est un triclinium. Autour de ces convives s'empres-

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sent des servie teurs, prêts à remplir les coupes. Le tableau respire rivresse du festin.

2° Danses. — Dans les festins antiques, une troupe de musiciens et de danseurs était un accessoire obligé.

Aussi dans les tombeaux étrusques les scènes de banquet sontelles toujours

accompagnées de scènes de danse.

Des hommes, nus ou vêtus d^un manteau court, jouent de la lyre et dansent en

même temps. Les femmes n'ont en main que des cro-

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taies OU castagnettes. Tantôt mêle'es aux hommes, tantôt groupées à part et sur une ligne symétrique, elles évoluent en cadence, sautent, tournent, font des grâces, se pâment comme des ballerines d^opéra. Elles ont un costume éclatant, une longue robe d'un tissu léger et transparent, moucheté de petits dessins, et, par-dessus, une sorte de châle, d'une étoffe plus épaisse que celle de la robe, et d^une nuance moins claire.

Leur chevelure, leur cou, leurs bras sont chargés de bijoux.

3° Jeux et chasses. — Les banquets et les danses occupent la place importante sur les parois des chambres funéraires. Mais au-dessus ou au-dessous de ces tableaux courent de petites frises dans lesquelles se développent d'autres scènes, telles que des jeux et des chasses. Ce sont des lutteurs, des joueurs de disque, des gladiateurs armés de pied en cap, des courses de chevaux, des chars sur le point de partir dans la carrière ou déjà lancés (fig. 39). Ici une troupe de cavaliers et de chasseurs court à la pour-

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