STYLE LIBRE
Lorsqu'on passe des fresques de style sévère aux fresques de style libre, le caractère des sujets change. Ici plus de festins ni de danses : tout est à la mythologie, et à une mythologie d'un genre tout particulier qui n^est ni tout à fait grecque ni tout à fait étrusque, et dans laquelle se combinent les croyances et les légendes des deux peuples. Vous y voyez par exemple Hadès et Proserpine, Thésée et Pirithoûs, Nestor, Phœnix, Ulysse et Polyphème, Etéocle et Polynice, Ajax, Tirésias, la mort de Gassandre, les funérailles de Patrocle et l'immolation des prisonniers troyens par la main d'Achille. D'autre part, l'enfer étrusque s'y dévoile avec toutes ses horreurs. Tantôt le peintre nous montre dans leur sombre majesté les rois du monde souterrain, entourés de leur cour de démons. Tantôt il met sous nos yeux le triste voyage des âmes vers les enfers : les ombres, vêtues de robes blanches, s'en vont comme un troupeau que poussent les génies de la mort. Les unes sont à pied, d'autres à cheval, d'autres dans un char. Ici c'est une procession lente et résignée, là c'est une fuite effarée.
Parmi les peintures de style libre, les deux plus remarquables sont celles de la grotte dite del Orco à Gornéto, et celles de la tombe François à Vulci. J'en reproduis ici la scène principale.
Dans la première, on voit entre autres sujets Thésée (Thèse) et Pirithoûs, descendus aux enfers pour enlever Proserpine. Les deux héros assis l'un en face de l'autre paraissent s'entretenir de leur entreprise. Debout
derrière eux, le démon Tiiculcha^ une sorte de Charon, les menace avec un serpent et cherche à les épouvanter par ses cris d^oiseau de proie : il ouvre un énorme bec de perroquet qui lui sert en même temps de nez et de bouche, et roule de gros yeux sous un épais sourcil.
Uautre peinture représente Achille (Achie) égorgeant les prisonniers troyens sur la tombe de Patrocle. Les