FIG. 8(J. LE GLADIATEUR COMBATTANT
(Louvre.)
Archélaos de Priène, à qui Ton doit un intéressant basrelief avec Tapothéose d^Homère; enfin Aristéas et Pa-
pias d'Aphrodisias, auteurs de deux Centaures dont Pun est au musée du Capitole et l'autre à Paris.
De ces œuvres, la plus célèbre et la plus digne d'attention est le Gladiateur, statue d'un mouvement hardi et d'une exécution savante^ qui montre à quelle perfection la sculpture grecque avait porté la science du nu. En réalité, ce n'est pas un gladiateur. Suivant une interprétation récente et très plausible, c'est un athlète qui dispute dans le stade le prix de ce qu'on appelait la course armée, c'est-à-dire la course alourdie par un large bouclier. Embarrassé par ce poids, il marche à grandes enjambées plutôt qu'il ne court et tandis qu'essoufflé il fait un dernier effort qui va lui donner la victoire, il se retourne d'un air triomphant vers la foule qui l'applaudit. Cette statue est certainement la copie en marbre d'un original en bronze. Ainsi s'explique l'adjonction malencontreuse du tronc d'arbre qui gâte l'effet de l'ensemble. L'original appartenait sans doute à l'une de ces écoles du ni'' siècle qui, tout en conservant quelques-unes des traditions de la belle époque, recherchaient les postures imprévues, le mouvement et l'expression. On l'attribue avec raison à l'école rhodienne.
2° Ecole attique. — A côté de ces artistes d'Asie mineure, nous rencontrons 'plusieurs noms de sculpteurs originaires de l'Attique. Ceux-ci ne nous sont guère mieux connus que les précédents; mais ils nous ont laissé plus d'œuvres et des œuvres plus importantes.
Parmi ces œuvres, trois statues sont particulièrement célèbres et méritent d'être mentionnées ici : le torse
dit du Belvédère, au Vatican; PHercule Farnèse, à Naples et la Vénus de Médicis, à Florence.
Le torse du Belvédère est signé Apollonios, fils de Nestor Athénien : Apollonios était contemporain de Sylla; ce fut lui qui fut chargé d'exécuter en or et en ivoire la statue de Jupiter pour le temple du Capitole qu'on venait de reconstruire après l'incendie de l'an 84. Ce torse, malheureusement mutilé, a été tour à tour l'objet de l'admiration la plus exagérée et des critiques les plus injustes. Ces contradictions ont leur raison d'être dans l'incertitude du sujet représenté. Chacun prêtant au sculpteur des intentions différentes porte sur la valeur de l'œuvre un jugement différent suivant que l'exécution paraît plus ou moins répondre à ces intentions supposées. Le personnage, assis sur cette peau de lion, était évidemment un Hercule : sur ce point, tout le monde est d'accord. Mais quel Hercule? Etait-ce un Hercule dieu, transfiguré après sa mort et prenant part au banquet de l'Olympe? Etait-ce, au contraire, le héros, non pas dans la béatitude de son apothéose mais dans les épreuves de sa vie mortelle, fatigué du labeur auquel sa destinée le condamne et se reposant après un pénible travail? Cette seconde interprétation est la plus probable. Le corps penché en avant marque une sorte de détente. La musculature vigoureuse et toute en saillie convient moins à un héros livré aux calmes plaisirs de la vie divine, qu'à un athlète qui sort à peine d'une lutte violente et dont toute l'énergie, surexcitée par l'effort, est encore palpitante. Hercule assis avait fait le sujet d'une statue colossale de Lysippe ; il y a tout lieu de croire qu' Apollonios s'est inspiré de
iç8 ARCHEOLOGIE ETRUSQUE ET ROMAINE.
ce modèle. On retrouve, en effets dans le torse du Vatican Fun des caractères que Pantiquité attribue à Lysippe et à son école, la recherche du détail anatomique et la reproduction minutieuse des reliefs du corps vivant.
L'Hercule Farnèse, de Glycon d'Athènes, procède aussi de Lysippe. Le héros s^appuie avec nonchalance sur sa massue comme sur une béquille et laisse pendre son bras inerte. L'intérêt du sujet est dans le contraste entre la vigueur apparente de ce corps d'athlète et la fatigue que trahit son attitude. Ce contraste, Glycon Ta exagéré. Il y a dans son Hercule quelque chose de lourd et de monstrueux, qu'un art comme celui de Lysippe, si soucieux de la vie et de la vérité, n'eût pas comporté.
La Vénus de Médicis est de Cléoménès, fils d'Apollodoros d'Athènes et contemporain d'Auguste. C'est un chef-d'œuvre de grâce féminine. On l'a souvent considérée comme la meilleure et la plus exacte reproduction de la Vénus de Cnide. Mais il est aujourd'hui prouvé qu'elle n'a qu'une ressemblance lointaine avec cette œuvre célèbre. La Vénus de Praxitèle était représentée au moment d'entrer au bain et tenait encore d'une main sa draperie. Cléoménès a supprimé cet accessoire que le sculpteur grec avait cru nécessaire pour expliquer une nudité insolite. Il ne craint pas de montrer la déesse sans voiles : elle s'avance fière de sa beauté, le front haut, le regard assuré, triomphante et cependant pudique.
Nous ne donnerons pas ici le détail des autres œuvres qui nous restent de l'école attique. Il suffira de mentionner quelques noms : Apollonios, fils d'Archias, auteur