FIG. 9$. BAS-RELIEF DE LA COLONNE TRAJANE
tant de valeur à ces bas-reliefs, d'ailleurs médiocres comme œuvres de sculpture.
Les mêmes principes conventionnels de composition se retrouvent sur les bas-reliefs de la colonne Antonine. La figure 96, qui représente Tun des bas-reliefs du socle
et OÙ se voient des jeux hippiques exécutés aux funérailles d'Antonin, fait penserà certains produits de notre imagerie populaire où Ton montre dans une série de lacets superposés les groupes successifs d'une longue procession.
Sur les bas-reliefs de Parc de Septime Sévère au Forum, la convention pittoresque est poussée à ses dernières limites. Un même cadre embrasse non plus, comme tout à Theure, quelques centaines de mètres d'horizon, mais un pays entier, toute une province. Quatre ou cinq scènes qui n'ont entre elles aucun lien sont disposées les unes au-dessus des autres en zones plus ou moins régulières et représentent chacune une étape distincte de la campagne de l'empereur contre les Parthes dans le bassin du Tigre et de l'Euphrate. On a de moins en moins le souci de la vraisemblance. Mais il faut dire aussi qu'à cette époque l'art est bien déchu. Ces basreliefs sont dus à de vulgaires manœuvres.
La décadence ainsi commencée au m*' siècle se précipite et s'achève au siècle suivant. On ne peut citer que pour mémoire les bas-reliefs de l'arc de Constantin. Là, les traditions les plus élémentaires de la sculpture sont méconnues. Non seulement on ne sait plus composer un bas-relief, mais encore on ne sait plus modeler la plus simple figure. Les têtes sont grosses, aplaties, sans expression ; les corps trapus et disproportionnés, les attitudes lourdes et uniformes, les draperies grossières. Les personnages ressemblent à des magots et ils sont si serrés les uns contre les autres qu'à l'exception du premier rang on n'aperçoit plus que des têtes. La plastique est retombée en enfance.