‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 97 sur 110 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

LES PIERRES ET LES VERRES GRAVES

KiNG : Antique Gems, their orîgin, uses. Londres, 1872. — Cha- BouiLLET : Catalogue général des camées et pierres gravées de la Bibliothèque impériale. — Deville : Histoire de l'art de la verrerie dans l'antiquité. Paris, iSyS.

Sous la dénomination générale de pierres gravées on désigne les camées et les intailles. Le camée est en relief. On le taille sur une pierre à plusieurs couches alternativement sombres et claires; la plus belle est une des variétés de Pagate, Tonyx, ainsi nommée parce que sur un fond rougeâtre elle présente une sorte de taie laiteuse qui a les transparences de Pongle sur la chair (ô'vj^, ongle). Le graveur tire parti de ces couches superposées pour varier la couleur des reliefs et du fond. Par la manière dont il les entame ou les ménage, il détache la figure qu^il a dessinée, en marque les plans, en accuse les détails. Au rebours du camée, l'intaille est en creux et sur une pierre d^une seule nuance, telle que Taméthyste, la chalcédoine ou la cornaline. Les cachets sont des intailles.

Les Romains ont eu beaucoup de goût pour les

LES PIERRES ET LES VERRES GRAVÉS. 28J

pierres gravées. Ils aimaient à les enchâsser dans leurs bijoux : bien souvent, leurs colliers et leurs bracelets ne se composaient que d'une série de camées montés en or, tantôt suspendus à une chaîne, tantôt joints entre eux par des charnières. Certains vases de luxe offraient sur leurs parois extérieures une garniture continue de camées. Les chatons des bagues étaient des intailles. On peut affirmer que le plus grand nombre des pierres gravées qui nous restent de Fantiquité appartient à Pépoque romaine. Nous savons d'ailleurs que sous les premiers Césars il y avait à Rome une florissante école de glyptique représentée par Dioscouridès, le graveur du cachet d'Auguste, et ses fils Érophilos et Eutychès, par Agathopous et Epitynchanos dont on a retrouvé les épitaphes dans le columbarium des affranchis de Livie, par Agathangélos, Solon, Evodos et quelques autres dont nous avons encore les signatures.

Romaines par la date, ces pierres gravées sont grecques de style et d'esprit. Les artistes, on le voit par leurs noms, sont tous Grecs et les sujets qu'ils traitent le sont aussi. La tradition de la glyptique a consacré un certain genre de motifs et Ton s'y tient. La mythologie hellénique en fait presque tous les frais et non la mythologie sérieuse et convaincue du siècle de Phidias, mais la mythologie légère et galante de l'époque alexandrine, cette mythologie que nous connaissons par les peintures. L'anthologie grecque est là tout entière, avec son imagination délicate, souvent spirituelle, toujours raffinée.

Au milieu de tout cet hellénisme, les sujets romains sont rares. On rencontre quelques scènes tirées de l'his-

toire légendaire de Rome, la fuite d'Ene'e avec son père et son fils, la louve allaitant les jumeaux, Horatius Coclès défendant le pont du Tibre, Mucius Scaevola devant Porsenna. Plus fréquents sont les portraits des empereurs, des impératrices et des membres de leurs familles.

Ce qui caractérise les pierres gravées romaines et en particulier les camées, c^est Ténormité de leurs

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