Voir Conze : Melisclic Thongefaesse
les comprendre. Les formes les plus fréquentes de ce genre de vases sont Taryballe sphérique, le bombylios,
Palabastron, et la kylix profonde. La terre est d'un blanc jaunâtre, et les peintures, suivant les époques, sont ternes ou plus vives, ou enfin d'un noir assez intense relevé de violacé et de rouge*.
La fabrication de ces vases a duré assez longtemps, jusqu'à l'époque de la peinture noire proprement dite; en distinguer les périodes est fort difficile, aussi doit-on se borner à les classer dans l'ordre suivant :
lo vases à zones d'animaux ; 2° vases à personnages; 3° vases à sujets mythologiques avec inscriptions.
i" Les vases de grandes dimensions sont décorés de plusieurs zones d'animaux, tels que
FI G. ic8.
BOMBYLIOS DE TANACRA, DE STYLE CORINTHIEN.
I. Le Louvre en possède une riche collection. On en trouvera des spécimens dans l'ouvrage de M. de Longpéricr : Musée Napoléon III.
lions, boucs, tigres, antilopes, qui sont figurés tantôt affrontés, tantôt passant et marchant à la file; les couleurs de retouche au rouge violacé apparaissent fréquemment, et les détails de la musculature sont indiqués à la pointe sèche. Des rosaces remplissent le champ des zones.
2° Sur les vases à personnages, des sujets empruntés à la mythologie de la Grèce viennent s'encadrer entre les zones d'animaux. Ce système décoratif est directement emprunté ;i l'Orient ; les potiers grecs le copiaient soit d'après les étoffes ei les tapis fabriqués en Orient, soit d'après les coupes de métal venues de Chypre ou d'Assyrie par l'intermédiaire des Phéniciens.
3° Enfin apparaissent, vers le vn« siècle, les inscriptions en caractères corinthiens sur les vases à sujets mythologiques. Les personnages sont désignés par leurs noms, tracés en lettres grecques archaïques, qui sont celles de l'alphabet corinthien au vn« siècle. Le type le plus remarquable est la pyxis trouvée à Mertèse (vase
FI G. lOy. VASE CORINTHIEN
A. ZONES d'animaux.
28o MANUEL D'ARCHEOLOGIE GRECQUE.
Dodwelï] qui représente la chasse du sanglier de Calydon ; les personnages ont chacun leur nom. ©epoavîpc;,
"J'iXov, Aa»ov, Av^pura;, Soxiç, AXxa, Aopip.ax^o;, A-jau.5(Avcv. C^est
aussi sur les vases de cette série que se lisent les plus anciennes signatures d'artistes, celle de Kharès, et celle de Timonidas de Corinthe sur un vase du musée d'Athènes, représentant Achille guettant Troïlos.
La fabrication de ce genre de vases avait pris certainement une grande expansion. Le commerce les répandait dans toutes les parties du monde grec; on en trouve jusqu'en Étrurie, et la présence dans ce pays de la colonie corinthienne conduite par Démarate a pu contribuer à y mettre ce style en faveur. C'est de Cervetri, l'ancienne Agylla étrusque (ou Caeré),que proviennent en grande partie les vases de style corinthien du Louvre^; ils forment une collection d'une grande richesse, qui n'a d'égale dans aucun musée d'Europe. Nous nous bornerons à citer l'un des plus connus : une grande kélébé, décorée d'une bande d'animaux et, au-dessus, d'une demi-zone de personnages. La scène est empruntée à la légende homérique et représente le départ d'Hector, prêt à monter sur son char de guerre; les personnages qui entourent le héros sont les membres de la famille de Priam et des guerriers troyens (fig. iio).
On s'accorde à dater les plus anciens de ces vases avec inscriptions de la seconde moitié du vii« siècle (660); ici la date a une importance capitale, car elle permet d'établir de curieux rapprochements entre le