‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 120 sur 157 · Voir livre I, ch. n · texte numérisé non relu

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2. BouffTpo^YiSov, littéralement : à la manière des sillons traces par les bœufs, qui reviennent sur leurs pas au bout d'un sillon.

à-dire de gauche à droite et de droite à gauche, toutes ces particularités s'expliquent par rexamen des vases corinthiens. En admettant, pour le coffre de Kypsélos, la date delà xxx« olympiade, il n'est antérieur que de quelques années aux céramiques corinthiennes les plus anciennes; et il est hors de doute que ce groupe de monuments dénote les mêmes inspirations, les mêmes procédés. C'est Tâge où le génie grec, tout imbu d'influences asiatiques, commence à peine à se dégager, et admet encore, à côté de sujets purement helléniques, les étranges motifs de décoration empruntés à l'Orient. La fabrication des vases corinthiens s'étend jusqu'à l'époque des primitifs. Un grand nombre de ces produits céramiques offrent déjà les procédés de technique usités dans la période suivante, et se rapprochent des vases à peintures noires. Ainsi sur les vases corinthiens du type le plus récent, les chairs des femmes sont peintes en blanc, comme la longue tunique des cochers des chars (auriges) et les épisèmes ou emblèmes des boucliers. Un système de classification plus détaillé devrait faire une place, au début de la série suivante, à ces vases, oîi les traditions de la peinture noire sont appliquées en même temps que l'ornementation asiatique. On se bornera ici, pour ne pas multiplier les divisions, à signaler cette classe de vases, qui forme la transition entre le style corinthien et la peinture noire.

S II. — Vases a peintures noires

La période de floraison de la peinture noi'-e s'e'iend de la LX« à la lxxx* olympiade, sans parler des céramiques d'un âge plus récent, où ce procédé apparaît encore par imitation, jusqu'au iv« siècle. Comme celui des maîtres primitifs, le style de ces peintures accuse tous les caractères de Farchaïsme : figures raides, presque toujours représentées de profil ; gestes anguleux, visages sans expression et d'un type uniforme. Ajoutons qu'au déclin de la peinture noire, ces caractères se conservent surtout par convention; il y a des fautes voulues, des gaucheries trop habilement exprimées pour être sincères. C'est ainsi que les amphores panathénaïques, dont plusieurs datent du temps d'Alexandre, reproduisent tous les traits des peintures archaïques, bien qu'elles soient contemporaines des plus beaux vases à figures rouges; il n'y a là qu'un archaïsme affecté et de pure convention. On a déjà indiqué la technique de la peinture noire, l'emploi de la couleur blanche pour distinguer les femmes des hommes, et celui du rouge violacé pour rehausser l'effet des peintures ; on n'y reviendra point.

Les sujets figurés le plus souvent sur cette classe de vases sont empruntés à la mythologie, et surtout au cycle de Dionysos; les processions de dieux y sont très fréquentes, et ces vases offrent un vif intérêt pour l'étude du type plastique des divinités helléniques. Les

scènes de la guerre de Troie, les travaux d^Héraklès, les mythes attiques, comme celui de Thésée, ont aussi fourni aux artistes céramistes des motifs fréquemment reproduits.

Une classification sommaire permet de répartir les vases à figures noires en plusieurs séries, dont les principales sont les suivantes : i° vases à fond blanc ou jaune; 2"» vases du style d'Ergotimos et de Klitias ; 3° vases du style de Nicosthènes ; 4° vases de style sévère ; 5° amphores panathénaïques ; 6° produits communs.

T" Vases à fond blanc ou jaune. — Les vases de cette nature, où les figures noires se détachent sur un enduit d'un blanc jaunâtre, sont encore fort rares. Le cabinet des Médailles, à Paris, en possède un curieux exemplaire, connu sous le nom de coupe d'Arcésilas : la peinture montre ce personnage (où Ton a reconnu un roi de la Cyrénaïque) ^ assis sous un baldaquin, et entouré de serviteurs occupés à peser dans des balances le silphium, produit précieux de la Cyrénaïque, fort recherché en Grèce. A la même série appartient une autre coupe du cabinet des Médailles, représentant Ulysse et ses compagnons enivrant le cyclope Polyphème, et lui crevant son œil unique à Taide d'un pieu rougi au feu.

2° Vases du stjrle d'Ergotimos et de Klitias. — La signature de ces deux artistes ^ ne se lit avec certitude que sur un seul monument, le vase François., du mu-

1. Peut-être le vainqueur aux jeux Pythiqucs de la Lxxx'olynipiade, dont parle Pindare (458 av. J.-C).

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