Bull. del'Inst. Arch
peinture rouge. Epictétos appartient aussi à la période de transition; mais s'il s'associe parfois à Nicosthènes et à Hiskhylos, qui peignent encoreà la manière noire, il ne signe que des peintures rouges d'un style fin et soigné. Sosias excelle également dans l'exécution du détail, traité avec une rare énergie. Il est l'auteur de la célèbre coupe du musée de Berlin montrant ^ l'intérieur les grandes divinités, et à l'extérieur Achille soignant Patrocle blessé. Euphronios, qui fait suivre ordinairement sa signature du verbe tr^oizasv, est souvent associé à Cakhrylion, Cependant son nom se lit seul sur une belle coupe du plus grand style, représentant à l'extérieur les exploits de Thésée, et à l'intérieur le héros associé à Athéna et à Amphitrite ^ Dans cette composition d'une élégance sévère, M. de Witte a pu reconnaître une copie plus ou moins directe des peintures exécutées par Micon pour le Théséion d'Athènes. Le vase d'Euphronios (fig. 114), que nous reproduisons ici, est un cratère du Louvre, représentant la lutte d'Apollon et du géant Tityus. Cakhrylion est connu par dix vases environ, offrant des compositions d'un dessin maigre et élégant, encore empreint d'une sévérité archaïque, avec des attitudes déjà plus souples et plus libres. On possède aussi, pour cette période, des œuvres de Panphaios, de Douris, de Brygos : c'est ce dernier qui a signé la coupe représentant la dernière nuit de Troie, et le massacre des Priamides.
2° Vases de la seconde époque de la peinture rouge.
I. Publiée par M. de Witte : Monuments grecs de l'Association, etc. N» I.
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— Au iv« siècle, la peinture sur vases participe à l'évolution de Fart qui fait prévaloir le goût des formes élé-
FIC. II +. — • CRATKRE A FIGURES RUUGES.
(Vase d'Euphronioi.)
gantes. Si, dans la grande peinture, Zeuxis et Parrhasios s'éloignent de la gravité religieuse de Polygnote, le
tiçô MANUEL D'ARCHEOLOGIE GRECQUE.
Style des céramistes présente la même recherche de le finesse et de la grâce. Les formes robustes font place aux formes juvéniles; aux attitudes raides succèdent des poses charmantes de simplicité et de naturel; les plis des vêtements s^assouplisscnt, et flottent autour des corps, au lieu de laisser entrevoir les contours sous leur tissu translucide, comme dans le style sévère. A cette période appartiennent les belles amphores de Nola, qui font l'ornement du musée de Naples, telles que le vase de la dernière nuit de Troie, le stamnos représentant des Bacchantes. Citons encore, au musée du Louvre, une charmante coupe, représentant le poète Linos (Aivoç) donnant une leçon de chant ou de grammaire au jeune Musée (Muaaio;), qui de la main gauche tient ses tablettes, tandis que son maître développe un rouleau de papyrus. Les sujets traités sur les vases du iv« siècle sont aussi plus libres, moins exclusivement mythologiques. La fantaisie des artistes s''exerce sur des scènes de la vie quotidienne. Une coupe de Vulci nous montre une véritable idylle : deux jeunes gens s'entretiennent avec un personnage d'âge mûr assis sur un tabouret : l'un d'eux montre une hirondelle, et s'écrie : « Voici une hirondelle » (i(^e )CeXt^ov). « Oui, par Hercule » (Ne tov HpaxXea), répond l'homme plus âgé. « La voici » (Haursi), ajoute le plus jeune garçon. « C'est le printemps » (Eap e^e), telle est la conclusion prononcée par le personnage barbu. Il est impossible de traduire avec une grâce plus simple cette scène, qu'on peut intituler le Retour du printemps^,