‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 13 sur 157 · I. Pausanias, VII, fi · texte numérisé non relu

I. Pausanias, VII, fi

les Ço'ava en deux classes : ceux qui sont traités à la manière égyptienne ou même apportés d'Egypte, et ceux des Dédalides ou élèves de Dédale ; en d'autres termes, pour les Grecs, leurs plus anciennes statues religieuses se rattachaient à la tradition égyptienne, et Dédale représente les premiers efforts de Part grec pour s'en détacher.

On 3ait déjà la part qui revient à la Phénicie dans cette question des origines égyptiennes. Parle commerce, elle importe en Grèce des objets qui servent de modèles; par le caractère égyptisant de Part phénicien, elle communique aux premières œuvres grecques comme un reflet des arts de l'Egypte. Quand Psamétik, accueillant au VU" siècle des pirates ioniens et cariens, ouvre son royaume aux Grecs, le génie hellénique commence à sortir de sa longue enfance ; il est déjà préparé à recevoir de l'Egypte ce qu'il semble lui avoir emprunté : un sentiment plus élevé et plus religieux de l'art. En architecture, le dorique naissant s'inspire des formes massives de la colonne égyptienne; dans la plastique, les artistes grecs, à l'exemple des sculpteurs égyptiens, appliquent à la figure humaine les principes d'un canon régulier. On a pu reconnaître cette influence de l'Egypte dans plusieurs monuments archaïques de la sculpture grecque. Une statue d'Artémis trouvée à Délos, et faite au VII* siècle par un Naxien*, offre la reproduction de ces statues de bois égyptiennes (Çdava ai-jûirna) dont parle Pausanias : les bras étaient collés au corps, et les jambes

I. Bulletin de Correspondance hellénique, t. IH, pi. I. Cette statue a été trouvée dans les fouilles faites à Déios par M. HoinoUe.

semblent enfermées dans une gaine, limitation du style égyptien n'est pas moins sensible dans une figure

Fie S — STATUE DE LIONNE, TROUVEE A CORFOU.

de lionne en pierre calcaire trouvée à Corfou, d^unedate postérieure à celle'de TArtémis Délienne.

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