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la Stèle, le corps incliné, comme si elle parlait au mort, et lui adressait le reproche de Tavoir quitte'e*; aujourd'hui, les Grecs ne font pas autrement dans les complaintes funèbres ou niyj'ologues, qu'on chante encore dans quelques cantons de la Grèce.
La toilette funèbre. — Au pied du monument funéraire est assise la morte qui reçoit l'hommage; ses femmes lui apportent des objets de parure. Le caractère de ces représentations, généralement très recueilli, montre avec quelle délicatesse le génie attique sait atténuer la tristesse de l'idée de la mort. Un lékythos blanc, qui est un chef-d'œuvre, offre la scène de la toilette traitée avec une rare distinction : la morte, richement parée, écartant son voile d'un geste élégant, semble revivre pour la vie terrestre; elle porte encore sur le revers de la main ses oiseaux favoris ; ses femmes lui apportent un éventail, des vases à parfums. Si la stèle ne rappelait le sens funéraire de la peinture, on croirait voir une scène de la vie ordinaire.
L'exposition. — Ici l'idée de la mort apparaît dans toute sa réalité 2. Le mort, couronné de fleurs, est couché sur le lit funéraire; des bandelettes, des couronnes, ornent le champ du vase, rappelant ainsi la décoration de la salle funéraire; près du lit, un grand lékythos fait connaître le rôle que ce vase jouait dans les cérémonies de la Tipôôeuiç. Les parents du mort se
1. Cf. Benndorf. Ouvr. cité, pL XXIV, i-3. Femmes s'arrachani les cheveux devant une stèle : la peinture est très négligée, mais l'expression est d'une rare sincérité.
2. Un des plus beaux QxcmpWwcs esinn lékythos polychrome ùm musée de Vienne. O. Benndorf : ouvrage cité; pi. XXXIII.
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livrent à des démonstrations de douleur, tandis que parfois une petite figure ailée vole auprès du lit, image sensible du souffle à demi m atériel qui vient de s'exhaler du corps. Tous les détails de la scène sont retracés avec précision ; c'est que dans le rituel funéraire des Athéniens rien n'était laissé au hasard. On connaît des textes de loi, comme le décret de Iulis, à Céos, réglant minutieusement tous les actes des funérailles, et un décret de Solon déclare obligatoire la cérémonie de la TipoOsat;. Les peintres céramistes ne font que reproduire une scène familière à tous les Athéniens.
La déposition an tombeau. — Ce sujet est rare sur les lékythos blancs d'Athènes ; mais l'un des vases qui le représentent est un chef-d'œuvre. Deux génies ailés soutiennent avec précaution le corps d'une jeune femme, qu'ils vont déposer dans un tombeau creusé au pied de la stèle; un jeune homme, debout près du marbre funéraire, regarde la scène avec tristesse. L'image de la réalité fait place à une interprétation de l'idée de la mort, traduite avec le goût le plus pur; c'est une scène idéale, à laquelle la merveilleuse distinction du style, les attitudes des personnages, la pose charmante du corps de la jeune femme, qui semble endormie, prêtent le charme le plus pénétrant.
Charon et la barque infernale. — On retrouve ici les croyances de la mythologie courante. Le musée d'Athènes possède de beaux exemplaires de cette scène, où Charon appuyé sur sa rame, coiffé d'un bonnet de marin, se prépare à faire entrer dans la barque des personnages debout sur la rive.
Les autres sujets, moins fréquents, sont la scène de
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V Adieu, si souvent figurée sur les marbres, le Cavalier combattant contre un soldat à pied, la représentation
des Divinités, comme Déméter et Triptolcmc, et les Epitaphia, scènes commémoratives des cérc'monies funèbres.
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On voit que toutes ces scènes sont en relation étroite avec Tide'e de la mort; elles offrent le plus précieux commentaire pour Pétude des stèles de marbre, car elles sont inspirées par les croyances et par les sentiments que les sculpteurs traduisaient sur les bas-reliefs funèbres. Toutefois, les peintures des lékythos ont un caractère plus expressif et plus intime. Si la convention pouvait avoir une certaine part dans des sculptures où dominaient les traditions de Fart, elle est beaucoup moins sensible dans ces peintures, faites souvent par de pauvres potiers, pour satisfaire aux exigences des croyances populaires.
Le style des peintures offre aussi un singulier intérêt. Nous avons cité les plus belles, celles qui trahissent une exécution très finie, et qui peuvent soutenir la comparaison avec les stèles du meilleur travail. Mais il en est qui accusent une facture négligée, et ce sont les plus nombreuses. Néanmoins, elles méritent d'être étudiées de près ; si imparfaites qu'elles soient, elles nous retracent avec une vérité saisissante le type athénien, naïvement reproduit; le nez allongé, le menton bien accentué et développé, tous les traits que les maîtres archaïques copiaient avec tant de soin, et qui disparaissent de la sculpture à Tépoque classique. En même temps, sous la négligence du travail, on sent une forte tradition artistique, qui s'imposait même aux plus humbles dessinateurs. Dans les attitudes des personnages, dans l'agencement des draperies, on retrouve la trace du grand style; il n'y a pas d'exemple qui fasse mieux comprendre combien l'art était populaire à Athènes, et trouvait sa place jusque dans
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les moindres productions de ce peuple privilégié. Nous ne suivrons pas Fart céramique dans la période de décadence, représentée surtout par les produits de la Grande Grèce. Les vases de Sant' Agata di Goti, de Ruvo, d'Armento, en Italie, montrent à quel point l'exagération des formes, Temploi indiscret des couleurs et des ornements, la recherche de la bizarrerie, conduisent rapidement ce genre d'industrie loin des traditions simples et grandes qui en avaient fait rhonneur.