APOLLON AVEC LA BICHE
(Pierre gravée archaïque.)
FIG. IJO.
GEMME d'à PO ILONI D ES.
qui présentent le moins de doute sont les suivantes : Agathopous, Apollonidès, Aspasios, Athénion, Boethos, Dioscorides, Epitynkhanos, Evodos, Eutychès, Phélix, Héracléidas, Hérophilos, Hyllos , Koinos , Mykon ,
Neisos, Nicandros , Onésas , Pamphilos, Protarchos, Solon, Teucros.
Il règne une grande varie'té dans les sujets traités par les graveurs en pierres fines; on s'en convaincra facilement en parcourant le catalogue que M. Chabouillet a consacré aux pierres gravées de notre Cabinet des médailles. Les sujets mythologiques sont très fréquents. Souvent les artistes reproduisent les types classiques des divinités grecques : telles sont les belles intailles d'Eutychès et d'Aspasios représentant la tête d'Athéna : la gemme d'Aspasios est d'un style si pur, que plusieurs savants ont pu, après Eckhel, y reconnaître une copie de TAthéna chryséléphantine de Phidias. Sur le camée de Zeus iEgiokhos, trouvé à Éphèse, le dieu a une expression calme et puissante qui rappelle les meilleures traditions de Part. Il serait facile de multiplier les exemples, et de montrer que les pierres gravées sont pour Tétude de la mythologie figurée une source très riche de documents.
Les graveurs ne se bornent pas à la représentation
NUMISMATIQUE ET GLYPTIQUE
ni
des têtes; ils abordent, dans le champ restreint des gemmes, des scènes compliquées, ou ils s'inspirent des motifs les plus gracieux de la mythologie. Le cycle d'Éros et celui d'Aphrodite, en particulier, exercent l'imagination des artistes, et leur fournissent la matière de compositions charmantes, où la recherche heureuse de l'esprit s'allie à Texe'cution la plus délicate. Sous une forme plastique d'une exquise élégance, les graveurs traduisent sou- de fiançaihes. vent les fines épigrammes des (Pierre gravée.)
poètes de l'Anthologie; il y a comme un lien naturel
Fie. IJ2. — PÉLOPS ABREUVANT SES CHEVAUX.
(Camée.)
entre ces productions légères de Part et de la poésie. Dans une épigramme, le poète Krinagoras s'adresse à Éros, enchaîné en punition de. ses méfaits : « Oui.
jj2 MANUEL D'ARCHEOLOGIE GRECQUE.
pleure et gémis, traître, maintenant que tes mains sont attachées; pleurer te sied bien. Personne ne te détachera. Ne regarde pas d^m œil oblique. Tu as fait Jaillir des larmes de bien des yeux, lorsque, lançant des traits dans les cœurs, tu distillais le poison des désirs qu'on ne saurait fuir, ô Eros! Les douleurs des mortels te semblent choses risibles. Eh bien! tu souffres ce que tu as fait souffrir. La justice a du bon^ » Ne croirait-on pas qu'en écrivant ces vers, Fauteur a eu sous les yeux une jolie intaille qui nous montre Eros désarmé, les mains liées derrière le dos, et tout confus de sa mésaventure? Sur une autre gemme, le dieu torture, en la brûlant à la flamme de sa torche, Psyché ou Timage de Pâme. C'est le motif d'une épigramme de Méléagre : « Si tu t'obstines à brûler l'infortunée Psyché, elle fuira, ô Eros ! car elle aussi, malheureux, elle a des ailes- ». Les pierres gravées nous font connaître tout un côté de l'esprit grec, qui se développe surtout à l'époque macédonienne : le raffinement du goût poussé jusqu'à la mièvrerie ; une extrême subtilité et une rare facilité à traduire sous une forme ingénieuse les fines analyses de sentiments dont se nourrissent à ce moment l'art et la littérature.
Une série fort importante est celle des gemmes ornées de portraits ; la glyptique grecque compte des chefs-d'œuvre dans ce genre. 11 suffit de citer le magnifique camée Gonzaga (aujourd'hui en Russie), représentant les têtes de Ptolémée II et d'Arsinoé ; celui de