‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 143 sur 157 · LA GLYPTIQUE · texte numérisé non relu

LA GLYPTIQUE

Krause : Pyrgoteles, oder die Steine der Alten, etc. Halle^ i856. KiNG : Antique Gems, their Origin, uses, etc. Londres, 1872. BiLLiNG : The Science of Gems, Jewels, etc. Londres, 1867. Westropp : A. Manual of precious Stones and antique Gems.

L'étude de la glyptique, ou des pierres gravées, se rattache naturellement à celle des médailles ; elle a pour objet Tinterprétation de petits sujets, qui offrent souvent de Tanalogie avec ceux des monnaies. Toute-* fois on rencontre ici des difficultés, L^absence de légendes rend le classement chronologique moins certain; on est réduit le plus souvent à ne considérer que le style des pierres gravées, sauf pour les cas où le sujet, par son caractère historique, accuse une époque déterminée. Les signatures des graveurs, quand elles sont tenues pour authentiques, peuvent aussi fournir d'utiles indices.

La glyptique est une des branches de Part ancien qui ont éveillé le plus vivement la curiosité au début

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des études archéologiques; les collectionneurs recherchaient avec ardeur les pierres gravées, et depuis l'ouvrage du Parmesan ^ïlneas Vicus, graveur du duc de Ferrare Alphonse II, les recueils consacrés à la glyptique ancienne se sont fréquemment succédé*. Cette curiosité provoqua l'industrie des faussaires ; aussi le nombre de pierres fausses est-il considérable. Il faut une grande sûreté de coup d'œil et une critique très exercée pour distinguer ces imitations des œuvres authentiques. Les musées d'Europe possèdent de riches collections de pierres gravées ; celles des cabinets de Paris, de Florence, de Vienne, de Naples, de Berlin, occupent les premiers rangs.

I. — Au point de vue de la technique, les pierres gravées se divisent en deux grandes séries : les intailles et les camées. La première classe comprend les pierres gravées en creux, à l'aide desquelles on obtenait sur la cire molle une empreinte en relief. On choisissait pour cela des pierres d'une seule teinte, telles que l'améthyste, l'hyacinthe, les agathes, la cornaline, la chalcédoine, etc; le polisseur donnait à la pierre une forme ovale et convexe, et le graveur l'attaquait à l'aide de la bouterolle, apportant le plus grand soin à polir les creux de la figure qu'il traçait : ce fini du travail est regardé comme un signe d'authenticité^. Les imitations d'intailles n'étaient pas rares dans l'antiquité même; on fabriquait de fausses gemmes gravées à

1. Voir Mariette : Traité des pierres gravées, lySo; et de Murr: Bibliothèque Dactyliographique.

2. Voir les détails techniques donnés par Pline : Hist. Nat., livre XXXVII.

Taidc de surmoulages en pâtes de verre colore'es, et on les montait en bagues, en colliers, en bijoux. C'e'tait le luxe des classes pauvres. Le plus souvent, les intailles servaient de sceau ou de cachet (aœpa-yî;) et se portaient en chaton de bague.

Les came'es se distinguent des intailles par leur gravure en relief; ils ont aussi fre'quemment des proportions plus grandes. Les graveurs les sculptaient dans des pierres polychromes, à plusieurs couches, et obtenaient une coloration différente pour le relief et pour le fond.

II. — Les anciennes intailles grecques paraissent avoir été gravées à Timitation des scarabées égyptiens et des cylindres babyloniens. On en a trouvé dans les tombeaux de Mycènes, sans qu^on puisse y reconnaître avec certitude une fabrication hellénique : de bonne heure les rapports avec TOrient ont dû fournir des modèles aux graveurs grecs. Il est superflu de revenir sur la question des origines orientales, et d'indiquer longuement les caractères gréco-orientaux des anciennes intailles ; ils apparaissent nettement sur des pierres gravées trouvées à Cypre, dans le trésor de Curium^. Le style des pierres gravées passe par les mêmes phases que celui de la sculpture. La glyptique, déjà représentée pendant la période des primitifs par le Samien Théodoros, qui monte le célèbre anneau de Polycrate, se développe comme une branche de la plastique; elle atteint à la perfection avec Pyrgo-

I. Pierre gravée représentant Némésis. Ga:{ette Archéologique, 1878. Myrtilos et les chevaux d'Oenomaos : ibid.

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tèles, qui grave le cachet d'Alexandre, et elle ne cesse pas, même sous Tempire romain, de produire les œuvres délicates qui ornent nos muse'es. Les artistes qui ont signé les gemmes les plus connues appartiennent surtout à la période macédonienne et à répoque romaine, si Ton en juge par la forme des lettres et par les formules usitées : Satyreios florissait sous Ptoléméell; Tryphon, sous le roi Polémon, le protégé de Marc-Antoine; Discorides sous Auguste. On connaît une longue série de graveurs en pierres fines, qui correspond à cette période :

toutefois on ne saurait admettre avec certitude tous les noms qui se lisent sur les gemmes.

Les faussaires ont souvent ajouté à des pierres antiques des noms de fantaisie pour leur donner plus de valeur^, ou bien ils y ont inscrit des noms mal compris. A.ussi ne doit-on accepter qu'avec réserve les signatures de graveurs; celles

I. V. Letronne : BuUettino di Corr. Arch. i85i. Cn lit sur une gemme le nom IIw/kaou, qui n'est pas grec. Ailleurs le faussaire a défigure un nom : AXXiov pour AaXiwv,

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