‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 156 sur 157 · I. Odyssée, III · texte numérisé non relu

I. Odyssée, III

j5(î MANUEL D'ARCHÉOLOGIE GRECQUE.

sait déjà que ces légendes dissimulent le plus souvent des emprunts faits à FOrient asiatique. La part qui revient à TOrient dans Pinitiation de la Grèce aux procédés de ces arts délicats est évidente : les bijoux d'or et d'argent, les vases en métaux précieux étaient par excellence des objets de commerce, apportés par le trafic des Phéniciens. Les trouvailles de Mycènes laissent peu de doutes sur ce point. Aux temps homériques, les ouvrages en métal les plus recherchés viennent de rétranger; le plus bel éloge qu'en puisse faire Homère, c'est de dire qu'ils ont été fabriqués à Cypre ou à Sidon. La cuirasse et le char d'Agamemnon sont un présent du roi de Cypre ^ ; le cratère d'argent donné en prix par Achille aux jeux funèbres en l'honneur de Patrocle, est l'œuvre d'artistes sidoniens ^. Les monuments qui nous aident le mieux à comprendre les descriptions d'Homère sont les pièces d'orfèvrerie découvertes à Cypre, à Rhodes, et jusqu'en Italie 3; ces coupes d'argent ciselé, travaillées au repoussé, offrant des scènes guerrières ou religieuses disposées par zones, nous donnent une idée exacte des vases précieux que les navigateurs phéniciens importaient en Grèce, et qui ont fourni les principaux éléments des descriptions homériques.

Au reste, les bijoux du style le plus ancien trouvés dans les pays grecs, accusent nettement cette influence

Page 1