PÉRIODE GRÉCO-ORIENTALE
Brunn : Die Kinist bei Homer. — Quatremère de Qlincy : le Jupiter olympien. — Beulé : l'Art pçrec avant Périclès. — Salzmann : Nécropole de Camiros. — Conze : Melische Tiiongefaesse. — Helrig : Das Homerische Epos ans den Denkm'àlern erl'àittert, 1SS4.
§ I. — l'art homérique
On ne saurait songer à délimiter exactement la période où les influences orientales se font sentir : en pareille matière, les affirmations trop tranchées sont une source d'erreurs. Toutefois, on peut dire que, dès la fin du VIT siècle, les artistes grecs sont en pleine possession des procédés techniques; l'histoire de Part grec commence. La période qui précède cette date, et qu'on peut a^p^eltr gréco-orientale, est toute remplie parles efforts du génie grec pour s'émanciper, et pour lutter contre des influences qu'il subit par nécessité.
Les monuments de la période gréco-orientale sont rares. Pour connaître l'état de la civilisation grecque depuis la guerre de Troie et les invasions doriennes
Î4 MANUEL D'ARCHEOLOGIE GRECQUE.
jusqu'aux temps historiques, on est réduit le plus souvent au témoignage . des textes. Mais ces textes euxmêmes laissent voir tout ce que la Grèce doit encore à rOrient. Les poèmes homériques, dont la date est plus voisine du ix" siècle que de la guerre de Troie, décrivent la civilisation de ce temps; ils prêtent aux personnages de Tâge héroïque les mœurs contemporaines : aussi la civilisation homérique est-elle à demi orientale. Les édifices décrits dans V Odyssée laissent deviner une architecture dont il faut rechercher les types plutôt en Assyrie qu'en Grèce. Le palais d'Alkinoos est un palais d'Orient : les couleurs, les métaux précieux y sont répandus à profusion, et le font paraître « semblable à la lune ou au soleil ». On s'explique les « murs d'airain » par les plaques de bronze repoussé qui ornaient les palais d'Assyrie; le faîte des murs, brillant de couleur bleue (Trepl ^s 6piY/ib;}cjâvoi&)i, fait songer aux briques émaillées des palais de Ninive. Il y a plus : dans les chiens d'or et d'argent fabriqués par Héphaistos, et qui gardent les portes, ne reconnaît-on pas le pendant des animaux fabuleux, des taureaux ailés à face humaine placés aux portes des palais de Khorsabad? Les œuvres d'art décrites par Homère témoignent que Partie plus avancé est celui du métal: maison ignore encore la soudure, qu'un Grec de Chio inventera plus tard. Le bouclier d'Achille, déjà si compliqué, est fait de petites figures d'or ou d'argent battu au marteau (ocpupiiXara), assemblées mécaniquement; ces figures sont sans doute disposées par zones. C'est l'art des Grecs ioniens du x*-' siècle, élèves