‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 15 sur 157 · I. Hérodote, I · texte numérisé non relu

I. Hérodote, I

LES ORIGINES DE L'ART GREC. ji

§ IV. — lVrt LYDO-PHRYGIEN

La domination assyrienne en Cypre et en Phénicie, au temps des Sargonides, ne suffit pas pour expliqueras influences que nous venons de signaler. La transmission des formes et de la technique assyriennes en Grèce s'est faite surtout par Tentremise de l'Asie Mineure; on connaît, grâce aux travaux de M. G. Perrot, Tart qui a servi d'intermédiaire. C'est dans la Ptérie et en Phrygie, à Euïuk, à Boghaz-Keui, à Kalaba, qu'on peut le mieux étudier cet art Ijy do-phrygien, qui paraît avoir été commun à la Lydie, à la Gappadoce, à la Phrygie, et se rattache directement à l'Assyrie. Dans les figures d'animaux, de lions, de taureaux, on reconnaît l'imitation très exacte des types assyriens que le commerce répandait en Asie Mineure; et en voyant les bas-reliefs de la Ptérie, oti des personnages s'avancent en longues files, dans des attitudes hiératiques, vêtus de costumes orientaux, il est difficile de ne pas songer aux sculptures ninivites. L'hésitation n'est plus permise sur le rôle qu'a joué l'Asie Mineure dans l'histoire des origines grecques. Les découvertes récentes n'ont fait que confirmer la doctrine de Gerhard, qui disait, en parlant des motifs empruntés par l'art grec primitif à l'Assyrie: « Ces types artistiques paraissent avoir été portés en Grèce bien moins par les Phéniciens que par les peuples de l'Asie Mineure, maîtres des routes commerciales qui

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passaient par Comana et Tarse, pour atteindre Ninive et Babylone'. »

Tels sont les faits que Térudition moderne a substitués aux fables sous lesquelles les Grecs déguisaient les origines de leur art. Les Cyclopes Lyciens, les Dactyles de rida, ces premiers ouvriers habiles à travailler le fer et les métaux, les Telchines venus de Crète à Cypre et à Rhodes symbolisaient un art fabuleux : mais, sous la légende même, on entrevoit ce que les Hellènes savaient confusément des formes, des procédés transmis par TOrient à la Grèce. L'art grec a donc subi une loi naturelle : venu le dernier, il a emprunté aux civilisations antérieures tout ce qui peut s'apprendre, pour dégager ensuite ses qualités propres par un vigoureux essor,

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