‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 20 sur 157 · LES MONUMENTS GRÉ CO - PELA SGI O UE S · texte numérisé non relu

LES MONUMENTS GRÉ CO - PELA SGI O UE S

Petit Radel : Recherches sur les monuments cyclopéens, etc. — DoDWF.Li- : Wien^s and descriptions of Cyclopian or Pelasgic remains. 1834.

Nous insisterons peu sur les monuments antérieurs à Tapparition des ordres. Il ne saurait être question d^art à propos des constructions massives élevées par les Pélasges, aussi bien en Grèce qu'en Italie et en Asie Mineure. Les Grecs, saisis d'étonnement, leur prêtaient une origine mythologique; ils les attribuaient à des êtres fabuleux, aux Cyclopes, aux Gasterokheires venus de la Lycie. Les ruines qu'on appelle aujourd'hui cyclopéennes ou pélasgiques sont loin d'appartenir toutes à la même époque : on les classe suivant les différences que présente l'appareil des murs.

Les plus anciennes sont désignées vulgairement sous le noni de murs cyclopéem. Les murailles sont formées de blocs énormes, irréguliers, assemblés sans ciment; des pierres plus petites bouchent les intervalles. C'est en

Argolide qu'on retrouve le type le plus trappant de ce genre de construction, dans les galeries de Tirynthe. Pratiquées dans Fépaisseur des murs cyclopéens, elles aboutissent à des portes triangulaires très étroites, et sont aménagées en vue d'un usage défensif.

L'appareil dit Pélasgique se compose de gros blocs travaillés plus régulièrement; ils sont de forme polygonale, bien rapportés, et taillés de façon à obtenir une surface unie. Ce type se rencontre dans plusieurs régions de l'Italie et de la Grèce; une partie des murs de Mycènes était ainsi construite.

L'appareil pélasgique comporte une autre variété, qu'on a quelquefois appelée le troisième système polygonal. Ici, les blocs affectent déjà la forme quadrangulaire; mais les assises ne sont pas horizontales, et les joints se croisent dans toutes les directions.. Cet appareil a été employé à Mycènes, dans la construction d'une partie des murs de l'Acropole, avoisinant la porte des Lions. Il y a lieu de croire que ces murailles sont d'un âge moins avancé que les murs cyclopéens, et appartiennent déjà à la période achéenne. Toutefois, on ne saurait leur attribuer une date précise, et Euripide se faisait l'écho de la tradition populaire en y reconnaissant l'œuvre des Cyclopes, qui les auraient bâtis avec « le levier, la règle et le marteau ^ »

Ces murs massifs redisent assez clairement que la principale préoccupation des anciens habitants de l'Hellade était le soin de la défense. Les villes n'étaient que des refuges placés sur de hauts sommets. Au moment des alertes,

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