I. Conzc, Mel. Thongefaesse, pi. IV
figures agenouillées servant de piédestal. Les artistes de Samos arrivent à une telle habileté, que moins d^un siècle plus tard leurs œuvres sont recherchées en Orient : ainsi Técole samienne exécute pour Crœsos un grand cratère d'or qui figura plus tard dans le palais des rois de Perse (Olympiade lv-lvui).
Ces rapides progrès se produisent surtout dans la Grèce orientale. Tandis que le vii° siècle voit déjà s'élever plusieurs temples dans cette région, ceux de Samos, de Sardes, d'Ephèse, les pays doriens n'en comptent qu'un petit nombre. Mais l'art va bientôt marcher du même pas dans la Grèce continentale. C'est à la l* olympiade que vont s'épanouir en Grèce les écoles doriennes, sous l'influence des sculpteurs crétois, Dipoinos et Skyllis et du Magnésien Bathyclès. Les ordres d'architecture se constituent; aux anciens simulacres de bois succèdent les statues de dieux et d'athlètes, témoignant déjà de l'étude directe de la nature; les sculpteurs vont cesser d'être des « racleurs de pierre», comme les Grecs appelaient les premiers artistes qui travaillaient le marbre; un siècle sépare encore l'art grec de ce merveilleux v* siècle qui sera l'époque de la perfection.
En même temps que la trace des origines orientales s'atténue et s'efface, les tendances opposées du génie dorien et du génie ionien s'accusent davantage. Mais, en dépit de ces différences, il y a un caractère commun à toute la race hellénique : c'est un instinct supérieur de la beauté, servi par les qualités les plus rares ; c'est aussi une foi invincible dans son génie, qui lui inspire, avec le sentiment de sa force, le dédain de tout ce qui n'est pas grec