I. Voir plus loin le plan du Parlhcnon, page
second rang de colonnes est supprimé ; la place qu'il devait occuper reste vide.
Une autre classification naît du nombre des colonnes de la façade. Avec quatre colonnes sur la façade, le temple est tétrastyle; avec six, hexastyle ; avec huit,' octastyle. Le temple décastyle a dix colonnes, et le dodécastyle, douze.
Ce qui fait par excellence l'originalité du temple grec, c'est l'échelle des proportions; c'est par là que les Hellènes ont imprimé à leurs édifices un caractère personnel, avec une science que les découvertes de l'érudition moderne viennent chaque jour confirmer. Lorsque l'Egypte fut ouverte aux Grecs, au milieu du vn'' siècle, le vif génie des Hellènes fut frappé de l'aspect de puissance et de force que donnaient aux temples égyptiens leurs colonnes trapues, très rapprochées les unes des autres. Mais le temple égyptien n'avait que des dimensions; le temple grec a des proportions, fondées sur le rapport des diverses parties de l'édifice avec le diamètre de la colonne à sa base, pris pour module.
Appliqué à la largeur des entrecolonnements, ce principe détermine une classification nouvelle des temples grecs. Le temple pycnostyle a des entrecolonnements larges de trois modules; c'est-à-dire qu'entre deux colonnes, le diamètre de la base peut être reporté trois fois; le temple systyle a quatre modules; Veustyle, quatre et demi; le diastyle, six; Varœostyle plus de six modules.
A ces différences correspondent des variations dans la hauteur des colonnes et de l'entablement; toutes les parties du temple sont soumises au même principe, de
telle sorte qu^on a pu souvent, avec une certitude presque entière, reconstituer Tensemble d'un temple à Paide des débris que le temps avait respectés.
La disposition extérieure. — La disposition extérieure du temple n'était pas uniforme. Aussi, pour plus de précision, convient-il de Pétudier d'après un exemple déterminé. Nous choisirons pour type le Parthénon^ Le temple repose sur un soubassement formé de trois hauts degrés de marbre, qui supporte directement les fûts des colonnes doriques ; celles-ci entourent le corps principal de Tédifice, qui affecte la forme d'un grand rectangle. L'ornementation architecturale ne comporte que la décoration sévère de l'ordre dorique, triglyphes, gouttes, mutules. C'est sans doute au temps de l'orateur Lycurgue qu'on disposa sur l'architrave de la façade orientale une série de boucliers d'or. Les métopes sculptées alternant avec les triglyphes, comme autant de tableaux carrés, offrent une suite de sujets empruntés aux légendes chères aux Athéniens : le combat des Lapithes et des Centaures, le mythe d'Érechthée et de Pandrose, l'histoire des origines fabuleuses d'Athènes et de la légende d'Athéna. Les frontons sont ornés de statues en ronde bosse, œuvre de Phidias et d'Alcamènes, et représentant, à l'est, la naissance d'Athéna, à l'ouest, Poséidon et Athéna se disputant l'Attique. Sous la colonnade, à la partie supérieure du mur, une frise continue se déroule autour de la cella; c'est la procession des Panathénées, avec les prêtresses de la déesse, les vierges Errhéphores, le cortège des victimes destinées au sacri-