‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 39 sur 157 · Vie d'Apollonius de Tyane · texte numérisé non relu

Vie d'Apollonius de Tyane

2. Les Propylées n'ont jamais été terminés; on voit encore, à la surface des blocs de marbre, des saillies (ou témoins), qui n'ont pas été abattues.

du milieu, de beaucoup la plus grande, pouvait donner passage aux chars et aux cavaliers. En avant du mur rèf^ne un portique hexastyle, encadré par deux ailes en saillie, qui ont aussi leur portique. Celle de gauche formait une salle, appelée la Pinacothèque, aujourd'hui conservée en partie. La façade des ailes n^offrait qu'un mur orné d'une frise de triglyphes^

Du côté intérieur, la face du mur qui regarde le Parthénon est également bordée d'un portique, moins profond que le premier, mais comptant le même nombre de colonnes. Ce plan si simple a été cependant exécuté avec une singulière originalité. On a bien souvent remarqué que les colonnes des deux portiques latéraux sont de dimensions plus restreintes, afin qu'elles n'écrasent pas l'ordre principal, celui de la façade ; les portes suivent une progression décroissante, et ainsi les plus grandes dimensions sont au centre, ce qui est un principe d'harmonie et d'unité. Enfin, par une hardiesse heureuse, Mnésiclès avait employé simultanément le dorique et l'ionique, le premier, dans toute sa beauté sévère, le second encore sobre d'ornements, tous deux en parfait accord. Un des éléments de la beauté des Propylées, qui n'échappait pas à l'admiration des Grecs, c'est la rare habileté du travail. Pausanias s'étonnait de rénorme dimension des blocs de marbre assemblés avec un soin infini : « Les Propylées ont un faîte en marbre blanc, et c'est l'ouvrage le plus admirable qu'on ait fait jusqu'à présent, tant pour le volume des pierres

î. Voir la description des Propylées dans Beulé : l'Acropole d'Athènes, I, ch. vi.

que pour la beauté de rexe'cution.* » Gomme pour faire mieux valoir encore cette perfection de technique, Mnésiclès avait donné aux Propylées un soubassement en pierre vulgaire du Pirée, dédaignant les parties accessoires et ne cherchant la beauté que dans l'œuvre ellemême.

On a longuement discuté sur la destination des Propylées. Faut-il y voir un ouvrage de défense, fait pour protéger Tentrée de la citadelle d'Athènes, ou un monument décoratif? Cette dernière opinion, que justifie la perfection de l'œuvre, est la plus vraisemblable.

Il ne reste que des débris très incomplets des portiques qui entouraient les agoras, les gymnases, les palestres. A Athènes, en particulier, les ruines les plus importantes de ce genre d'édifices datent de l'époque romaine. Telle est, par exemple, la construction qui marquait l'entrée de l'agora d'Athènes, et dont il reste quatre colonnes doriques supportant un fronton. Une inscription gravée sur l'architrave indique que l'édifice a été construit grâce aux libéralités de J. César et d'Auguste, sous l'archontat de Nicias, et dédié à Athéno Arkhégétis. Une autre inscription, relatant unédit d'Hadrien sur la vente des huiles, et gravée sur un jambage de la porte, confirme l'hypothèse que ces ruines appartenaient au portique de l'agora-. C'est aussi de l'époque romaine que date la stoa ou portique d'Hadrien, dont on voit encore une façade décorée de colonnes corin-

i.Attic, XXII.

2. On voit sur remplacement de l'ancienne Pompéiopolis, dans la Cilicie-Trachée, une belle colonnade qui bordait une rue ou dromos, sans doute près de l'Agora.

thiennes. La stoa formait une enceinte carrée, entoure'c de portiques, comprenant des salles décorées de tableaux et de statues. Il y avait, en outre, un temple de tous les dieux ou Panthéon, et une bibliothèque. Athènes, comme toutes les villes grecques, possédait un grand nombre de ces édifices accumulés dans le quartier de l'agora, au centre de la vie publique et des affaires. On connaît par les témoignages des auteurs, plus encore que par les ruines, le portique des Hermès, le gymnase de Ptolémée, le portique d'Attale, le Pœcile ; c'est là que se passait une grande partie de la journée des Athéniens, si épris de la vie en plein air, du mouvement, des discussions politiques. Sous ces portiques ornés de statues et d'hermès, on agitait les questions du jour, on traitait des affaires de l'Etat. Aussi rien n'était négligé pour embellir ces édifices publics. Le Poecile, en particulier, était décoré de peintures exécutées par Panœnos, Polygnote et Micon, et représentant les principaux mythes de l'Attique, ou les exploits des ancêtres : Thésée combattant avec les Athéniens contre les Amazones; les Athéniens à Œnoë, prêts à engager l'action contre les Lacédémoniens ; enfin la bataille de Marathon, où les divinités protectrices de l'Attique luttaient au premier rang de l'armée athénienne *. Dans cette vie tout extérieure, il n'y avait pas d'instant où l'Athénien n'eût sous les yeux quelque monument rappelant les faits glorieux de l'histoire de la patrie.

La vie du Grec se partageait entre les affaires publiques et les cérémonies religieuses; on sait, par l'histoire

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