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Il porte l'inscription

lEPEQL AIONrSOr EAEreEPliQS.

nysos était ainsi à la place d^honneur. On comprend facilement Peffet plaisant que produisait une scène des Gi'enouilles d'Aristophane : quand Dionysos , accom-

FIG. iC. — FAUTEUIL PU TRÈTRE DE D I O N Y b O j L L L U T H t R I E N.

pagné de son esclave Xanthias, arrive aux enfers et se sent pris d'une terreur comique devant les monstres qui en gardent l'entrée, l'acteur chargé du rôle du dieu se tournait vers le public et s'écriait : « Toi, nion prêtre,

sauve-moi dMci, et que Je sois ton compagnon de festins* ! » A droite et à gauche de la scène s"'ouvrent de larges couloirs, autrefois orne's de statues : sur les bases, seules conservées, on lit encore les noms des poètes dramatiques les plus célèbres, Thespis, Eupolis, Timostrate, Ménandre.

A Phistoire du théâtre attique se rattache Tétude des monuments choragiques, souvenir des victoires dramatiques remportées aux fêtes de Dionysos. On sait qu''à Athènes, les représentations théâtrales avaient le caractère d^une institution religieuse et nationale; le soin de former et d'entretenir les chœurs lyriques était dévolu officiellement aux citoyens aisés, qui supportaient les dépenses de la choi'cgie. Le chorège devait réunir les éléments des chœurs composés dUiommes, d'entants, de pyrrhilvhistes, de danseurs cycliques, de joueurs de flûte, et fournir les vêtements, les masques, les accessoires; il y avait un chorège par tribu. Si le chœur qu'il avait formé remportait la victoire, le chorège recevait en prix un trépied de bronze, qu'il consacrait au nom de sa tribu, soit dans une des rues d'Athènes portant le nom de 7'ue des Trépieds, soit dans le téménos de Dionysos, ou dans le voisinage du théâtre. Le trépied était placé sur un petit monument, d'un caractère architectural dont la forme variait beaucoup. Ainsi, dans une grotte située au-dessus du théâtre, et transformée en temple par le chorège vainqueur Thrasyllos (année 3 20), les trépieds étaient posés sur des colonnes à chapiteaux triangulaires. D'autres édifices affectaient la

t. Les Grenouilles, vers 21J7.

lia. 27. — MONUMENT CHORAGIOUE DE l V S I C R A T B.

ç6 MANUEL D'ARCHÉOLOGIE GRECQUE.

forme d^un petit temple à pilastres, dont la niche recevait le trépied donné en prix. Le plus connu des monuments choragiques est celui de Lysicrate, qui se trouvait dans la rue des Trépieds. Il se compose d\me base quadrangulaire, en marbre blanc veiné de bleu, qui supporte un petit édifice en forme de rotonde. Six colonnes cannelées, à chapiteaux corinthiens, soutiennent une frise délicatement ornée de bas-reliefs représentant la défaite des pirates tyrrhéniens par Dionysos, et leur transformation en dauphins. Les entrecolonnements étaient remplis par des plaques de marbre ajustées avec soin et ornées à leur partie supérieure de trépieds en relief. L'édifice est couvert d'un toit de marbre simulant des tuiles, et surmonté d'un fleuron qui servait de base au trépied. Une inscription donne la date du monument (335-334 av. J.-C), qui offre un des plus anciens exemples de l'ordonnance corinthienne appliquée à l'architecture : « Lysicratès, fils de Lysitheidès du dème de Kikynna, était chorège; la tribu Acamantide a remporté le prix des chœurs d'enfants; Théon jouait de la flûte; Lysiadès a instruit le chœur; Évœnétos était archonte. »

On donnait le nom dCOdéon à des théâtres spécialement destinés à des concerts; les poètes, les musiciens y exerçaient aussi leur talent avant de soumettre leurs œuvres au jugement du public. Les Odéons différaient des théâtres surtout par la toiture qui les recouvrait et par certaines particularités de la disposition intérieure ; des rangées de colonnes soutenaient la toiture, et les sièges, disposés en amphithéâtre, étaient très nombreux. Athènes possédait un Odéon célèbre, celui que Périclès

avait fait construire pour remplacer Pancien Odéon situé près de rEnnéacrounos. Cet édifice s'élevait près de PAcropole, à l'est du théâtre de Dionysos, auquel il était contigu. La toiture, de forme pointue, était décorée des mâts et des antennes des vaisseaux perses, et faisait ressembler le monument à la tente de Xerxès. Plutarque parle du grand nombre de sièges et de colonnes qu'il renfermait. S'il est difficile aujourd'hui de s'en faire une idée exacte, on retrouve les dispositions communes aux théâtres de musique dans les ruines de l'Odéon élevé par Hérode Atticus, en mémoire de "sa femme Régilla. C'était le plus grand de tous les Odéons connus, et son plafond en bois de cèdre était d'une rare magnificence. Aujourd'hui, grâce à des fouilles faites en 1857 et i858, on distingue nettement les gradins avec leurs escaliers et leurs couloirs, et les murailles, percées d'arcades, qui soutenaient le proscenium'.

Les stades, où luttaient les pugilistes, les coureurs à pied, etc., étaient distincts des A/pj^orfronze^, réservés aux courses de chars. La disposition générale de ces monuments différait peu, en raison du plan très simple qui avait été adopté à l'origine. C'étaient de vastes espaces è'.planis, entourés de levées de terre artificielles, ou compris entre des tertres naturels, où se massaient les spectateurs. Le travail de l'architecte et de l'ingénieur consistait surtout à y disposerdcs barrières; celles de l'hippodrome d'Olympie, construites par Cléœtas, étaient

I. La restauration de l'Odéon de Régilla, par M. Daumet, est conservée à l'Ecole des beaux-arts.

célèbres: c'étaient des sortes de boxes, où étaient enfermés les chars; les portes, disposées suivant une ligne courbe, permettaient aux chars de partir au signal donné, sans qu'aucun d'eux eût l'avance sur les autres. L'arène était divisée en deux parties par une levée de terre, à l'extrémité de laquelle se trouvait la borne qu'il fallait tourner.

Le stade est une arène étroite et longue, terminée à l'une de ses extrémités par un demi-cercle [atûi^So'jn], qui ressemble à un théâtre, grâce à ses gradins et à sa forme arrondie. Les gradins se prolongeaient sur les longs côtés de l'arène, comme on le voit au stade de Cibyra, en Asie Mineure, qui est bien conservé. La différence essentielle entre les stades et les hippodromes tient surtout à l'absence, dans les premiers, des stalles et des barrières destinées à enfermer les chars. Pour tout le reste, on retrouve les mêmes dispositions, et les parties analogues sont désignées par les mêmes termes. Avec les progrès du luxe public et privé, les stades se décorèrent de gradins de marbre, de colonnades dont on retrouve la trace au stade de Messène. Le stade panathénaïque d'Athènes, qui servait aux jeux des Panathénées, avait été magnifiquement orné par le riche Hérode Atticus, qui fit couvrir les talus de sièges en marbre pentélique. Pausanias et Philostrate parlent avec admiration de ce travail luxueux, exécuté en quatre ans, qui transforma l'ancien stade aménagé par les soins de Lycurgue, en 35o av. J.-C. C'est là que plus tard Hadrien fit assister la population d'Athènes à des jeux sanglants, empruntés aux usages romains.

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