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S II. GRÈCE CONTINENTALE

Déjà le Samien Théodoros avait été appelé à Sparte pour y élever la Skias, édifice métallique en forme de tente. L'Eginète Smilis s^était formé à l'école des Samiens, et avait fait pour Samos une statue d'Héra, que reproduisent les monnaies archaïques de Tîle. Mais un fait surtout influe d'une manière décisive sur le développement de la sculpture dans le Péloponèse : c'est l'arrivée des maîtres crétois Dipoinos et Skyllis à Sicyone, où ils s'établissent, et impriment à Part un vigoureux essor (olympiade l) ; leurs œuvres étaient tellement supérieures à celles des artistes indigènes, que les auteurs anciens ont pu rapporter à leur époque les origines de la sculpture.

Les Crétois travaillent l'airain, le bois, le marbre de Paros, et leurs statues étaient recherchées dans toute la

Grèce dorienne, à Ambracie, à Argos, à Cléones : on voyait à Sicyone les statues des principaux dieux, sorties de leurs ateliers. Sous leur impulsion, Part se propage dans tout le Péloponèse : on leur attribue de nombreux élèves, Hégylos et Théoclès, les Laconiens Doutas et Doryclidas, Cléarkhos de Rhégion, Tectœos et Angélion, qui travaillent pour les Déliens, et exécutent en commun une statue d'Apollon tenant les Trois Grâces ou Kharites, reproduite par une monnaie attique*.

Vers le même temps, Part se développe à Sparte avec une grande énergie. Grâce au séjour de Théodoros, Part du bronze y avait fait de rapides progrès au début du VI" siècle, et les traditions du Samien avaient été recueillies par des maîtres habiles, tels que Syadras et Khartas. C'est à Sparte que les élèves des maîtres Cretois sont les plus nombreux : mais Pécole laconienne doit beaucoup au Magnésien Bathyclès, qui vient s'établir à Sparte après Pannée 544 (olympiade lix, i) amenant avec lui un groupe de sculpteurs magnésiens. C'est lui qui exécute pour le grossier simulacre de PApollon d'Amyklœ un trône magnifique, orné d'or et d'ivoire, où se déroulaient en riches reliefs les principaux mythes helléniques.

A la période où nous sommes, la sculpture attique commence à peine à naître. Longtemps en retard sur Part péloponésien , elle ne se dégage de la légende que vers la l* et la lx« olympiade. C'est le moment où Pisistrate décore Athènes, élève POlympiéion, le vieux Paçthénon, et les premiers Propylées. Or, le mouve-

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