‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 56 sur 157 · I. — ÉCOLES DORIENNES DU PÉLOPONÈSE · texte numérisé non relu

I. — ÉCOLES DORIENNES DU PÉLOPONÈSE

Moins d'un siècle sépare la période des primitifs de celle où la sculpture atteint sa perfection : c'est Pépoque où vivent les maîtres qui, sans être encore complètement dégagés des traditions archaïques, n'en préparent pas moins la génération de Phidias et de Polyclète. L'influence de Dipoinos et de Skyllis provoque dans le Péloponèse le développement de différentes écoles, qui se répartissent ainsi : Sparte, Sicyone, Argos, Corinthe, en même temps que les écoles d'Egine et d'Athènes témoignent d'une énergique activité.

Le plus brillant représentant de l'école Spartiate, vers la fin du vi' siècle, est Gitiadas (olympiade Lxv-Lxxi),qui construit pour Athéna un temple décoré de reliefs en

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airain; à la fois arcliitecte et sculpteur, il avait réglé l'ordonnance de l'édifice et conçu l'ensemble des sculptures, dont les sujets étaient empruntés aux mythes doriens. Non loin de la Laconie, l'Élide devient le musée de toute la Grèce, et s'enrichit de sculptures qui s'accumulent dans l'Altis, le bois sacré d'Olympie. Toutefois, au vi* siècle, on ne connaît qu'un artiste éléen, c'est Gallon, auteur d'un groupe de trente-sept ligures en bronze exécutées pour les Messéniens.

Bien que les écrivains grecs ne citent aucun élève direct de Dipoinos et Skyllis à Sicyone, on voit se perpétuer dans cette ville les traditions des Grétois, et Sicyone reste longtemps une véritable « officine pour tous les arts qui s'exercent sur les métaux*. » Vers la lxiv* olympiade, un autre Grétois, Aristoclès de Gydonie, vient s'y établir, et ses descendants exercent leur art pendant toute la période que nous étudions. Gléœtas, son fils, invente pour Olympie un système de barrières, et fait pour l'Acropole d'Athènes une statue de guerrier, avec des incrustations en argent; Aristoclès, fils de Gléœtas, fait école, et forme de nombreux disciples, entre autres Synnoon d'Egine et Pantias de Ghio.

Mais le plus glorieux des maîtres sicyoniens est Kanal<.hos, frère du second Aristoclès. On citait de lui une Aphrodite assise, en or et en ivoire, une des muses du groupe fait en collaboration avec Agéladas et Aristoclès, et surtout deux statues, l'une d'Apollon Didyméen, près de Milet, l'autre d'Apollon Isménien, à Thèbes, exactement semblables l'une à l'autre; car ces vieux maîtres se

i. Pline, N. H. XXXVI, g.

FIG. 3]. APOLLON DIDYMEEN.

Sur une monnaie autonome de Milet.

répétaient souvent. LWpoUon de Didymes, exécuté avant les années 494 et 47g, était figuré debout, tenant de la main gauche un arc, et de la droite un cerf; c'est ainsi que le montrent plusieurs monnaies de Milet, oii Ton reconnaît sans peine, en dépit des dimensions très réduites, une imitation de TApollon de Kanakhos.

On retrouve avec plus de certitude les caractères principaux de la statue dans des statues de bronze conservées à Londres et à Paris; les

deux plus importantes sont le.

bronze Payne-Knight au musée Britannique, et l'Apollon de Piombino au musée du Louvre. Le premier monument représente le dieu avec les attributs que lui avait donnés Kanakhos; sa chevelure est bouclée autour du front, et des miches tombent sur les épaules. Mieux encore que le bronze de Londres, celui de Paris peut nous donner une juste idée de l'œuvre du maître sicyonien; on a même pu y voir une copie soignée de l'Apollon de Didymes, faite dans les dernières années du vi" siècle. Les formes sont robustes et étudiées; l'une des jambes, portée en avant, donne à la statue tout son aplomb; la chevelure

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