‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 57 sur 157 · MONNAIE IMPÉRIALE DE MILET · texte numérisé non relu

MONNAIE IMPÉRIALE DE MILET

est disposée suivant la mode archaïque, et forme par derrière une lourde masse; les yeux étaient d'argent, et les lèvres et les boutons des seins sont incrustés en cuivre rouge. Les caractères de cette statue concordent avec les Jugements portés par les anciens sur le style de Kanakhos, où l'on trouvait encore à reprendre de la dureté et de la raideur.

Nous pouvons juger par là de Tétat de la plastique à la fin du vi° siècle et au début du v«, à l'époque où l'artiste sicyonien représentait avec éclat une des grandes écoles de sculpture de la Grèce continentale.

Près de Sicyone,

no. 35, — BRONZE PA YN E-KNICHT. (Musée Britannique.)

LA SCULPTURE. i3i

à Argos, fleurit une école qui compte vers la lxx" olympiade des maîtres célèbres, Eutélidas et Khrysothémis, habiles à travailler le métal; ils étaient déjà précédés par une génération de sculpteurs, comme le prouve Pépigramme suivante, gravée sur une de leurs œuvres à Olympie : « Eutélidas et Khrysothémis, Argiens, ont fait ces statues : ils ont appris leur art de leurs prédécesseurs. » Le plus grand nom de Técole argienne est celui d'Agéladas, dont la période d'activité s'étend de 5i5 à 455. On ne connaît son œuvre que par les textes, mais les témoignages écrits montrent qu'il abordait avec bonheur les sujets les plus complexes; telle était la statue de Cléosthènes d'Epidamne, qu'il avait représenté avec son cocher et ses chevaux. Il avait fait aussi un groupe de captives et de chevaux, dédié à Delphes par les Tarentins ; on cite encore de lui des statues de divinités, comme celle d'' Héraklès Secourable, élevée dans le dème de Mélité, et une statue de Zeus, pour les Messéniens. Il faut donc attribuer à Agéladas une place importante dans l'histoire de l'art grec, et à ces titres vient s'en joindre un autre qu'on ne saurait oublier : le sculpteur argien a été le maître de Myron, de Polyclète et de Phidias, et a directement préparé par ses leçons la période de perfection à laquelle il touche. Si rien n'est resté de l'œuvre d' Agéladas, on peut admettre qu'il se rapprochait fort, par le style, des maîtres sicyoniens. Comme eux, il travaillait le bronze, et l'on sait que cette matière sert à merveille les qualités qui sont celles des maîtres archaïques. La statue de bronze doit avoir une assiette parfaite, et présenter des conditions de stabilité qui réclament une étude minutieuse. Elle exige, en outre, une

grande pureté de lignes, un travail très poussé des parties accessoires, telles que cheveux, barbe, etc. Il est donc probable que les maîtres d^Argos et de Sicyone avaient amené jusqu^à la dernière perfection la science du modelé, et que tout était prêt pour inaugurer le grand siècle de l'art.

On sait fort peu de chose de Técole de sculpture corinthienne, à laquelle se rattachent trois artistes, auteurs d'un groupe votif consacré à Delphes par les Phocidiens^ : Diyllos, Amykla?os et Khionis ne sont connus que par cette mention de Pausanias. Au^un marbre, trouvé à Corinthe, ne peut avec certitude nous faire connaître les procédés et les traditions de cette école^. On ne saurait se fier aux indices très vagues, d'après lesquels Corinthe serait le lieu d'origine d'un fort beau bas-relief appartenant à la collection Carapanos. Héraklès nu, dépouillé de sa peau de lion, décoche une de ses flèches : tous les muscles de son corps robuste sont tendus par l'effort, et ses jambes se raidissent dans le mouvement qui le porte en avant. Ce marbre n'est signé d'aucun nom : mais les caractères du style le rattachent à cette période où les sculpteurs copient la nature, sans s'être encore dégagés complètement de l'imitation servile (fig. 36).

Nous ne quitterons pas les écoles doriennes sans signaler un curieux monument de la sculpture béo-

i. Pausanias, X, i3, 7.

2. Un autel rond trouvé à Corinthe, aujourd'hui en Angleterre, et représentant la réconciliation d'Héraklès avec les divinités de Delphes, n'est qu'une imitation du style archaïque. Sur ces pastiches, voir plus loin, p. 141.

^iO. 36. -- HÉRAKI.ES

(Collection Carapaiios.)

TIRANT DE l'arc.

tienne. Cest un groupe en pierre poreuse, trouvé à Tanagra. Le monument a été élevé par un personnage nommé Amphalkès sur la tombe de deux amis, Dermys et Kitylos, qui sont figurés réunis, chacun passant un bras autour du cou de son ami^ Les proportions sont sveltes, on y sent une recherche d^élégance très marquée avec des inexpériences frappantes. L'artiste béotien est moins avancé dans la science de Panatomie que ses confrères du Péloponèse.

§ II. ÉCOLE d'égine

L'école d'Égine se rattache aux écoles doriennes; on le verra par Pexamen des marbres qu'elle a laissés, et dans l'histoire des artistes éginètes, on suit également la filiation dorienne. Déjà, entre 55o et 536, le fondeur Smilis visite l'Élide et travaille pour Olympie. Vers l'olympiade lxx. Gallon l'Eginète, élève d'artistes doriens, exerce son art à Sparte et à Corinthe, et ses statues de divinités sont empreintes de la dureté qui caractérise les œuvres doriennes. Les anciens citaient encore d'autres noms, qui prouvent l'activité déployée dans les ateliers d'Egine : Glaukias, Anaxagoras, Callitelès, Simon, Synnoon et Ptolikhos, Sérambos, Théopropos, tous habiles à modeler des figures d'athlètes et des chevaux quand les vainqueurs d'Olympie voulaient, comme Gélon de Syracuse, se faire représenter avec leur

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