Plutarque : Ibid., XIII
i$o MANUEL D'ARCHÉOLOGIE GRECQUE.
On sait que Périclés confia à Phidias la direction des travaux artistiques. Né sans doute vers Tolympiade lxx, Phidias traverse d'abord une période d'étude, sous la direction d'Agéladas, La seconde période de sa vie se passe sous l'administration de Cimon; il exécute alors des statues dont les sujets sont relatifs aux guerres médiques, entre autres un groupe de bronze consacré à Delphes, et fait avec la dîme du butin de Marathon. C'est aussi de cette époque que date la statue colossale en bronze d'Athéna, placée sur l'Acropole, et connue sous le nom d'Athéna Promakhos ou IJuXàlpaxoç : elle s'appuyait d'une main sur sa lance, et de l'autre tenait son bouclier que Mys décora plus tard de bas-reliefs. On apercevait de loin la pointe de la lance et l'aigrette du casque dominant l'Acropole, et des monnaies d'Athènes, qui la représentent à côté du Parthénon, permettent d'apprécier ses énormes dimensions.
On cite encore de Phidias des œuvres dont la date est douteuse, statues d'or Fie. 48. et d'ivoire pour la plupart, telles que
l'acropole, PAthéna Lemnia sur l'Acropole, une
sur une monnaie «1/11
d'Athènes. Amazoue, une Athena de bronze plus
tard transportée à Rome.
Mais la période des grandes œuvres de Phidias est celle qui coïncide avec l'administration de Périclés, alors qu'il est entouré de tout un groupe d'artistes travaillant sous ses ordres, Alcamènes, Agoracritos, Crésilas, Colotès, Pasonios, et son frère, le peintre Panœnos; c'est le moment où il exécute l'Athéna Parthénos et le Zeus d'Olympie. La fin de sa vie est assez mal
connue, à cause des récits contradictoires qui nous sont parvenus : on connaît les procès que lui intentèrent les Athéniens, son exil en Élide, pendant lequel il travaille pour Olympia, et sa mort, la première année de Tolympiade lxxxvii. Peu de noms (^nt été plus populaires dans Pantiquité; la légende s'en est emparée, et au moyen âge, quand il ne reste plus d^ l'antiquité classique qu\in souvenir confus, le nom de Phidias survit à Toubli. Une chronique romaine du xii^ siècle le représente comme un philosophe illustre, et le fait venir à Rome « au temps de Tibère » ; les Romains du moyen âge retrouvaient la trace de ce voyage fabuleux dans les chevaux de marbre qu'on voit encore aujourd'hui sur la place du Monte-Cavallo, et l'un des piédestaux porte une inscription du temps de la Renaissance (OPVS PHIDIiE), qui consacrait la légende populaire.
On ne peut se faire une idée des deux chefs-d'œuvre de Phidias qu'à l'aide des textes, et de quelques monuments conservés.
L'Athéna Parthénos, placée dans le Parthénon la troisième année de l'olympiade lxxxv, sous l'archontat de Théodoros, a été décrite minutieusement par Pausanias : « La statue d'Athéna est faite d'ivoire et d'or. Au milieu de son casque est la figure d'un sphinx, et de chaque côté des griffons... La statue est debout, vêtue d'une tunique talaire, et sur la poitrine elle porte la tête de Méduse en ivoire. La Victoire a environ quatre coudées de hauteur. D'une de ses mains, la déesse tient la lance; à ses pieds est son bouclier, et près de la lance un serpent, que l'on dit représenter Erichthonius. Sur
le piédestal de la statue est figurée la naissance de Pandore*.» Le bouclier était décoré de sculptures représentant à rextérieur le combat des Amazones, à Tintérieur, la guerre des dieux et des Géants.
Nous n'insisterons pas sur les différents essais de restauration qui ont été tentés pourPAthéna Parthénos, soit sur le papier, comme celui de Quatremère de Quincy, soit par la statuaire, comme la Minerve faite par le sculpteur Simart pour le duc de Luynes. Les éléments de ces restitutions ont été empruntés à des monuments antiques, où Ton a reconnu des imitations de l'œuvre de Phidias : les détails de la tète et du casque semblent assez exactement reproduits sur la gemme d'Aspasios que possède le musée de Vienne et sur les tétradrachmes d'Athènes postérieurs à Périclès. Quant à l'attitude de la statue, on la retrouve dans une statuette conservée à Athènes (la Pallas dite Lenormant), qui a paru à M. Gh. Lenormant une réduction peu soignée du chef-d'œuvre de Phidias'-; ici la déesse porte Vampechonion, courte tunique passée par-dessus la tunique talaire, et une égide épaisse, plaquée sur les seins : c'est celle que reproduit la figure ci-jointe. Tout récemment, en 1 88 1, on a découvert à Athènes, sur la place du Varvakéion, une nouvelle statue d'Athéna qui paraît une imitation de l'œuvre de Phidias, du n« siècle ap. J.-G.\ Ge n'est plus une