I. Histoire de l'art, g
coup plus tard chez les Grecs que chez les peuples orientaux, y a commencé par les moindres éléments, simplicité qui persuade aisément qu'ils n'en ont rien appris des autres nations, et qu'ils en ont été les premiers inventeurs chez eux. » On sait déjà ce qu'il faut penser de cette théorie, que condamnent les découvertes faites en Orient.
Il est bien prouvé aujourd'hui que l'art grec, à son début, a subi l'influence des civilisations orientales ; qu'il leur a dû ses premiers modèles, et qu'il tient d'elles la science des procédés et l'habileté technique. Il suffit d'ailleurs de jeter un coup d'œil sur la situation géographique de la Grèce, pour voir à quel point elle favorise un commerce continu avec l'Orient : les îles semées dans la mer Egée, séparées par des distances minimes qu'on peut souvent franchir en quelques heures, mettent l'Hellade en communication directe avec l'Egypte et la Phénicie; et les grandes vallées de l'Asie Mineure sont autant de routes naturelles ouvertes dans la direction de l'Assyrie. Tout contribue à faire de la Grèce l'élève de l'Orient : les conditions matérielles, et son infériorité au milieu de ces civilisations avancées et florissantes.
L'histoire des origines orientales de l'art grec ferait à elle seule la matière d'un livre. On se bornera à indiquer ici brièvement la part qui semble revenir aux pays orientaux dans cette initiation, jusqu'au moment où le génie grec entre résolument dans sa voie originale.