IV, 2. S
générale de ce bûcher monumenlal avec de légères variantes: le nombre des élag-es y varie de trois à cinq. Noire fig-. 429 reproduit un grand bronze de Pertinax où se voit un bûcher à quatre étages, orné de draperies ; au second on distingue les portes qui s'ouvraient pour laisser passer le lit funèbre ; de chaque côté deux torches allumées ; en haut un quadrige. Le bûcher d'Antonin a pareillement quatre étages sur les monnaies i, comme ceux de Marc-Aurèle, de L. Verus et de Salonin ^ • sur d'autres pièces le bûcher de ce dernier en a cinq ^ ; de même pour Septime-Sévère et Caracalla '* ; celui de Claude II n'en montre que trois "• : il faut faire la part de la liberté laissée aux graveurs.
Tout étant ainsi disposé et le corps de l'empereur enfermé dans le bûcher, les magistrats, l'ordre équestre, les troupes à pied et à cheval venaient parader autour du catafalque ; Hérodien parle même d'une procession de chars, aux conducteurs revêtus de robes de pourpre, où étaient placées les images des empereurs dont le règne avait été heureux et des généraux illustres. Cette évolution des troupes [decursio] a été rappelée sur deux bas-reliefs célèbres de la base de la colonne Antonine conservés dans le jardin du Vatican (fig. 347). Au centre de la composition manœuvrent les fantassins prétoriens ; la cavalerie galope en cercle, enseignes au vent ^
Le défilé terminé, on allumait le bûcher, non moins solennellement ; les consuls, le nouvel empereur lui-même étaient chargés de l'opération. Et pendant que le feu faisait son cruvre, on lâchait du «ommet un aigle qui passait pour conduire au ciel Tàme du défunt. Celte ascension figure sur un certain nombre de monuments de la sculpture, de la gravure ou de la glyptique ". Un bas-relief de Tare de Titus (fig. 431) nous montre l'empereur enlevé par un aigle qu'il chevauche ; un des bas-reliefs de la base de la colonne Anionine représente l'apothéose d'Antonin et de P'austine : les deux époux, vus à mi-corps, sont emportés par un génie ailé, génie de l'Univers, suivant les uns, de l'iùernité, suivant les autres ; de chaque côté