Ibid., Vig
Fig. 440. — Ex-voto. Yeux.
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la ilivinalioii Iclle que la pralujuaient les oracles grecs et dont la source était clans l'inspiration religieuse, (x'ile qui avait cours en Italie opérait au moyen de sortes. On nommait ainsi des tablettes de bois ou de bronze, sur les(|uelles étaient inscrites des sentences ; on les tirait au hasard ; les phrases qu'on y lisait constituaient la réponse de l'oracle ; chacun l'interprétait comme il lui plaisait. Ces espèces de tablettes étaient en usage notamment à Caere, à Falerii, à Prénesle. On en a découvert un certain nombre, près de la ville de Barbarano, entre Padoue et Vicence, où existait un
FifT, ill. — Sors pour (iracle.
temple de la Fortune '. Le spécimen reproduit ici lig. 4 il)- permet «le se rendre compte de leur forme ; une anse servait à les enfiler <Mi à les suspendre.
§ \y . — Culte privé.
Nous avons déjà parlé, dans le chapitre consacré aux dieux, de ceux qui, chez les Homains, faisaient l'objet d'un culte privé et familial : Lares, Pénates, Génie du maître de la maison, Junon de la mère de famille ; nous avons indiqué comment on les représentait. .Ailleurs, il a été question des laraires où leurs images étaient exposées :fig. 148 et 149 . Il n'y a pas lieu de revenir sur ces détails ". Nous nous contenterons, pour résumer en quelque sorte tout le sujet, de reproduire une des peintures pompéiennes qui nous mettent sous les yeux, d'une façon conventionnelle, il est vrai, mais très claire, des scènes de sacrifices domestiques. Celle qui se voit à la fig. 442 '* vient d'Ilerculanum. A droite et à gauche, deux Lares dans le costume et dans la pose traditionnels, soulèvent à la
2. On y lit : Qur pelis pos'l tenipus consiliuni ? Quod ro(/;is non est {(^. I. /.., \. Uf)'.).
3. Cf. sur le sujet Attilio de Marchi, Il cullo privulo <li Homu ;nilirn. Milan, 1806-HMI3, ft».
i. l'illnrc irFrcoLini). \'I.t').'i. ('f. ;iiis>i riolie (ir'nri'381.
hauteur de leur tête un rhylon, d'où s'échappe, pour tomber dans le petit seau qu'ils tiennent de l'autre main, un filet de vin. Au centre un autel rond ; un homme imberbe, revêtu de la toge, y fait une libation, suivant le rite romain, la tête couverte ; du bras gauche il soutient une corne d'abondance; c'est le pater familias ou plutôt son Génie. Un joueur de flûte lui fait pendant ; deux personnages plus petits figurent, l'un un Camille qui apporte des offrandes sur un plateau et une guirlande de fleurs, l'autre un victimaire conduisant un petit porc, future victime du sacrifice. Au-dessous de la scène étaient peints deux serpents, qui représentent les Génies protecteurs du propriétaire et de sa femme; ils rampent vers un autel afin de 'goûter aux mets disposés à leur intention. La même scène revient constamment sur les laraires, plus ou moins simplifiée.
C'est ici le lieu de signaler ces superstitions populaires, entachées de magie, qui étaient si répandues dans toutes les classes de la société romaine ; elles se rattachent aux cultes privés en ce sens que l'Etat n'avait point à connaître de semblables pratiques et qu'elles procédaient d'intentions toutes personnelles ; elles s'en éloignent cependant aussi en ce qu'elles avaient pour objet moins d'honorer telle ou telle puissance surnaturelle que de détourner de soi les efforts de sa malignité ou de sa vengeance.
De tout temps, les Romains ont peuplé les mondes céleste, terrestre et souterrain de puissances divines, aux contours assez indéterminés, dont les unes avaient pour mission de veiller sur les hommes à l'occasion de tous les actes de la vie, tandis que les autres n'agissaient que pour leur nuire. Il fallait s'assurer la protection des premières et se défendre contre la malveillance des secondes par des moyens appropriés. A ces superstitions, d'origine italique, vint s'ajouter plus tard la croyance à tous les démons de l'Orient, introduite par les Levantins, civils ou militaires, hommes libres ou esclaves, qui étaient établis en si grand nombre à Rome» en Italie et dans les provinces occidentales ; leur pouvoir semblait d'autant plus redoutable qu'il était plus mystérieux. Pour combattre la légion des mauvais esprits, indigènes ou étrangers, ou même pour la retourner contre ses propres ennemis, on avait recours à des pratiques que nous ont fait connaître des documents écrits et figurés.
Un des remèdes les plus usités étaient les amulettes *. Les an-
1. Cf. Labatut, dans Sag^lio, Dicf. des An(.^ au mot Amuletum.
CULTlî PHIVE
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ciens donnaient ce nom à certains menus objets auxquels était attribuée la vertu d'éloigner les maléfices soit par leur matière, soit par leur forme, soit par les images qu'ils représentaient ou par les signes qui y étaient tracés. La plupart se portaient en bijoux ou en ornements, si bien qu'on a pu dire qu'une grande partie des bijoux antiques ont été faits dans une pensée superstitieuse.
Nombreux étaient les objets qui passaient pour avoir une force prophylactique. Ils appartenaient au règne minéral aussi bien qu'au règne végétal ou au règne animal. On avait confiance dans Tagate, le diamant, le jaspe, Taméthyste, le corail, Tambre ; surtout dans Tor et dans l'argent ; dans Taubépine, le laurier, le nerprun, — c'est pourquoi Ton plaçait des branches de ces arbustes devant les temples ou les habitations ; — dans Thyène, le loup, la chèvre ou le bouc, le taureau, le renard, la chauve-souris, la taupe, le hibou, le coq, le corbeau, la guêpe, la chenille, le limaçon, le cloporte, Taraignée, la fourmi, le caméléon, le lézard, la grenouille. On fabriquait donc des bijoux taillés dans ces matières ou représentant ces êtres, ou encore qui contenaient quelque élément appartenant à Tune de ces catégories de préservatifs. Nous donnons ici comme spécimens deux amulettes. L'une est une tête de taureau ^ l'autre une tête de coq (fig. 443 et 444), suspendue à une chaîne de coquillages enfilés ^, qui passaient pour efficaces €ux aussi, contre le mauvais sort, à cause de Taspect que leur donne la fente qui en divise la surface ^.
Parmi les bijoux talismans les plus communs il faut placer les bullae '^ que les jeunes Romains portaient au cou jusqu'à Page viril et les jeunes Romaines jusqu'au mariage. La forme nous en est connue par plusieurs monuments où figurent des pueri hullaii ou des fillettes ^ et par dilTérents exemplaires, trouvés dans les sépultures ^. Ce sont des capsules, faites de deux plaques concaves superposées, rondes ou allongées en cœur, et piunies d'une bélière