‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 136 sur 425 · Bcsnier, op. Ci7., p · texte numérisé non relu

Bcsnier, op. Ci7., p

MATKRIEL DES TEMI'l.lS

rcnllés au centre et terminés à la partie supérieure par une série de bourrelets circulaires superposés de plus en plus petits ont été qualifiés d'utérus. Plusieurs ex-voto, entin, nous donnent une vue de l'intérieur du corps, tel que le connaissaient et le représentaient les anciens. L'un d'entre eux est un tronc entr'ouvert {tifi;. i39); un autre représente des intestins enroulés. » Ces dilférentes pièces anatoniiques, comme on aurait le droit de les appeler, ont donné lieu à des études techniques intéressantes *.

11 en était ainsi dans tous les sanctuaires d'Esculape, d Ily-^^ie et des autres dieux ^guérisseurs dont l'imagination des malades avait peuplé le monde. De ce nombre étaient, particulièrement, les divinités qui présidaient aux sources, aux fontaines, aux cours d'eau.

1/archéologie leur doit une mention spéciale ; car leur culte donnait lieu à un mode de dévotion particulier, la stipis jactalio. Alors que, partout ailleurs, les tidèles déposaient leurs dons dans la chapelle ou dans ses dépendances^ lorsqu'il s'agissait dune source sacrée, ils les jetaient dans le bassin même ; ceux-ci tombaient au fond et s'enfonçaient dans la vase, où on les retrouve encore aujourd'hui. On y recueille toujours, avec des monnaies hors d'usage ou ayant cours au moment où elles ont été offertes, des objets de toute espèce qui avaient servi à la guérison ou qui la rappelaient, des instruments de chirurgie, des verres, avec lesquels on avait puisé l'eau salutaire, surtout des reproductions de membres malades comme ceux dont il a été question plus haut. Dans la source thermale de Vicarello, en h^trurie, les baigneurs avaient abandonné, à coté de très nombreuses pièces appartenant à tous les âges depuis celui de Vaes rude, un grand nombre de vases d'or, (l'argent ou de bronze : quelques-uns porUiient des dédicaces aux divinités locales, Apollon et les Nymphes; sur trois d'entre eux était gravé l'itinéraire que les voyageurs espagnols, désireux de faire le pèlerinage, devaient suivre pour venir de Gadès à Home -. A Alise-Sainte-Heine a été déblayé assez récemment ' un temple, <lé(lié à une divinité locale nommée Morilasgus, où l'on a rencontré

1. Voir, en particulier, deux articles de M. le D' Rouquette dans le Hull.

ile lu Soc. j'rniK;. <U'. i histoire de lu mêderiiie. 1911, j). jO î et suiv.: 1912, p. 'JTO

«t suiv., 370 et suiv. M. le D' KoïKjueUc y étudie non seulement les pièces du

temple d'Ksculape, mais d'autres pièces semblables conservées au Vatican, au

mtiséc de Florence et au [^f)uvre.

'2. l*. Marchi, l..i slipe (rihiit.ita aile divinilA délie ncff^ie Apollinari, Home, l>'')2. S" : C. I. /... XI. p. i96.

.1. Km. l"]sprraiuli<Mi. ISiill. uni). <ln ('.nn\ilr. 1910. p. "iTO.

plusieurs piscines. On y a trouvé des centaines de monnaies, des sculptures figurant des têtes, des jambes, des g-enoux << avec des déformations qui paraissent voulues et qui indiquent peut-être des ulcères », des plaquettes de bronze, parfois dorées, qui portent, au pointillé ou au trait, l'image d'organes sexuels, de seins, surtout d'yeux (fig. 440) — d'où il suit que les eaux du lieu passaient pour favorables à la guérison des ophthalmies — ; des épingles, des instruments de chirurgie, des fragments de gobelets ou de flacons

en verre et en terre cuite. Toutes ces trouvailles rappellent, pour ne pas sortir de la Gaule, celles qui ont été faites en 1836 aux sources de la Seine, à Saint-Germain-la- Feuille \ à Arles dans les Pyrénées-Orientales, à Bourbonne-les- Bains, à Rennes dans la Vilaine, dans l'étang de Soing, dans le lac de Granlieu ^. Le mode de dévotion était partout le même.

Du culte des sources il est naturel de rapprocher celui des végétaux; car la piété des Romains s'exerçait aussi sur ce,, domaine. Certains arbres étaient^ revêtus d'un caractère sacré, qui leur donnait droit à des offrandes ; on plaçait celles-ci au pied, suri des tables ou sur des autels, ou même on les suspendait aux^ branches, ainsi que cela se pratique encore aujourd'hui en Orient ^.j Afin de garder ces arbres de tout contact profane, on les enfermait] dans un enclos peu élevé de forme circulaire comme une margelle] de puits (piileal), ou bien on les enveloppait dans une construc-i tion sans toit. Des peintures de Pompéi nous présentent ceaî deux sortes d'enceintes ^.

Nous pouvons aussi comprendre dans le matériel des temples les objets qui servaient à rendre des oracles. Les Romains ignoraient

1. Baudot, lîappoj^l sur les décoiiverlés archéologiques faites aux sources de la Seine, Paris-Dijon, 1845, 8°.

2. Cf. Fr. Lcnormant, La monnaie dans l\intiquit(\ Paris, 1878, S"*, I,:j p. 29 ; E. Babelon, Traité des monnaies grecques et romaines, I, p. 67 i.

Page 1