I. LA PEINTURE
■seront détachés, surtout des soffîtes à surface plane, quon remplaça peu à peu par des voûtes ; mais dès le principe on imagina de fixer le stuc avec des clous de fer ; même sur des parois verticales, on fit usage de chevilles en ciment. En tout cas, Tenduit ne dépassait jamais un centimètre ; jusqu'au ni^ siècle avancé, il se compose exclusivement de deux couches ; par la suite on se contente souvent d'une seule, et il y a là un précieux repère chronologique. Vers la même date aussi, on se borne^ dans un grand nombre de cubicules, •a revêtir d'enduit les seules parois à fresques ; auparavant on les en couvrait toutes, mais les stucs à peindre étaient d'une pâte plus fine; d ailleurs, en général, les plus anciens sont les mieux exécutés.
Pour obtenir la finesse du grain, on donnait tous ses soins au broyage du calcaire ; Vitruve prescrivait de tamiser la poussière <lu marbre dans des cribles de plus en plus serrés.
La force des revêtements offrait un avantage qui a été finement -souligné. Dans les fresques renommées de la Renaissance, tout le champ n'est pas exactement dans le même plan ; il y a des lignes de suture. Chaque matin, le stucateur posait la portion d'enduit que le peintre devait couvrir avant le soir ; de là des raccords difficiles à masquer. A Pompéi, on appliquait le stuc sur tout le mur à la fois ; l'enduit, bien plus épais, gardait plus longtemps son humidité, peut-être cinq ou six jours. « Le peintre pouvait ainsi peindre d'une affilée tout son tableau, sans avoir à compter avec ces reprises «t ces remaniements du fond ^ »
§ III. — Matières et instruments.
Les instruments du peintre ne nous sont pas tous parfaitement conclus. Le plus essentiel était naturellement le pinceau, assez analogue i\u nôtre et manié de même, entre le pouce et lindex 2, au rebours des peintres de vases grecs qui le saisissaient à pleine main, à la façon des Japonais. En revanche, la palette n'était point percée d'un Irou comme celui où les modernes engagent le pouce gauche ; c'était — une peinture d'IIerculanum (lig. 373) ^ en témoigne — un plat ovale tenu par le bord ou posé sur la paume de la main, et où Ion
1. G. Perrot, Histoire de iarl. IX (1911}, p. 196. H. Cf. Saglio, Dict. des Ant., i\g. 5653 et 565 5. ^. D'après le Mus. Borh., VII, 3.
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mélangeait les couleurs, enfermées dans des pots réunis en boîte *.
La plupart des outils nécessaires s'étaient conservés dans une
-«épulture gallo-romaine, ex[)lorée à Saint-Médard-des-Prés, eu
X'endée, qui semble bien celle d'une femme adonnée à la peinture-
Fig. 373. — l'enime peintre au travail.
Iig.37i; -. Il y avait là notamment des vases plats de terre cuite et plusieurs en verre, contenant encore des restes de cire et de résine^ de petits godets, un mortier en bronze, un autre en albâtre, à bec
1 . Cf. le has-rciief Saglir», op. cil .. fi;;, jt}.'):)^, par iiialhour légèrement suspect.
2. D'après Benjamin Fillun, Description de la villu et du tombeau d'uiu' femme artiste gallo-romaine. Paris, IHi'J. i'. pi. iv-v. Les « instruments de peintre > trouvés en Oimce [.\rcfi. Anzei(jer, X.W'II [1912], p. iJO. fi;;. :iS) sont plutôt ceux d'un chirurgien.