‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 151 sur 425 · II. LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

II. LES SPECTACLES

De toutes ces représentations, comme de statuettes ou d'autres menus documents, tels que lampes ou tessères, on peut déduire ce qui suit.

Trag-édiens ou comédiens, tous portaient un masque ^ On admet que Tusage de cet accessoire, qui était depuis longtemps connu chez les Athéniens, ne fut pas importé à Rome en même temps que les pièces grecques. Jusqu'à l'époque de Roscius, c'est-à-dire jusque vers Tannée 100 av. J.-C, ceux qui interprétaient les pièces sur la scène se contentaient de perruques différentes de forme et de couleur suivant la nature du personnage ; à partir de cette date, le masque devient d'un usage constant. Il était fait de carton -pâle recouvert d'une couche de plâtre et rehaussé de touches de couleur, qui indiquaient les différentes parties du visage ; il couvrait, non seulement la figure, mais aussi la tête qu'emboîtait une perruque ; une barbe y était adaptée par-devant, pour les rôles qui la comportaient. La bouche, largement ouverte, faisait porte-voix ; les yeux, indiqués par le dessin, étaient percés de petits trous qui permettaient de voir clair.

Le masque tragique se caractérisait, outre l'expression, par sa forme très allongée à la partie supérieure (fig. 460) ; le personnage était grandi d'autant, ce qui en Vendait l'aspect plus noble et plus imposant. L'exagération des sentiments violents qu'il traduisait, la saillie des traits, la grandeur des yeux hagards, tout concourait à donner au masque tragique une apparence pathétique, appropriée aux drames les plus émouvants et capable de frapper les spectateurs même très éloignés de la scène.

Les masques comiques, au contraire, destinés à exprimer des sentiments plus modérés, à figurer dans des aventures gaies, se rapprochaient de la forme du visage humain : le grossissement des

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