II. LES SPECTACLES
debout sur ses pattes de derrière ; à côté de lui le conducteur le lient à la bride, la tête haute. Toutes ces représentations sont des ressouvenirs des spectacles que les bateleurs offraient à la curiosité du public, soit dans les salles de théâtre, soit dans les foires, soit même dans les carrefours des grandes villes.
§ II. — Amphithéâtre K
1° Gladiateurs. Si l'archéolog-ie nous a conservé des souvenirs assez abondants des représentations théâtrales, à plus forte raison doit-on s'attendre à trouver sur les monuments de toute sorte des
Fig. 464. — Combat de gladiateurs.
allusions figurées aux luttes de l'amphithéâtre, dont la popularité fut bien plus grande encore que celle des spectacles de la scène.
Et, de fait, elles sont innombrables ^. Ceux qui donnaient des jeux de gladiateurs complétaient souvent leur générosité en faisant peindre sur les parois d'édifices publics, temples, portiques, basiliques, ou même de leurs maisons, les différents épisodes de ces fêtes ; ces peintures ont, naturellement, disparu pour la plupart, sauf quelques rares spécimens, conservés surtout à Pompéi. On peut en juger aussi par certaines mosaïques inspirées des mêmes sujets. Fréquentes sont les représentations sur marbre et sur pierre, ou
1. Sur les représentations relatives aux combats de ramphithéàtre et les renseignements qu'elles fournissent, voir surtout P.-J. Meier, De gladiaturu romiinn quaesiiones selecLie, Bonn, I8S1, 8°; L. Fricdlander, Sittengeschichte, II, p. 529 et suiv. ; Lafaye, dans le Dict. des Ant. de Saglio, au mot Gladiator.
2. Liste par catégories dans les travaux cités à la note précédente. Ajouter pour les mosaïques; Gauckler, dans le Dicl. des A)il. de Saglio, au mot Musiviim opiis^ p. 2115, note 4. Cf. plus haut, p. 126.
A.MHiirniEATui:
mènie moilclées en stuc, comme celles du lombeau d l'nibricius Scaiirus, reproduites plus haut [Iv^-. it>3'. et que nous ledounons ici pour la clarté de ce qui suit; point de statues, car les {gladiateurs étaient tenus pour infâmes et par suite indigènes d'un tel honneur — ce qui n'existait ni pour les cochers, ni pour les athlètes — , mais l)eaucoup de statuettes de bronze destinées à embellir les appartements ou à décorer les meubles. C'était avant tout l'art industriel qui exploitait les sujets relatifs à la gladiature. Ils s'étalaient en zones enveloppantes ou en médaillons isolés sur les vases de métal et de verre, sur la poterie de toute forme : on aimait à retrouver ainsi sur s<i table les souvenirs que l'on avait rapportés de l'amphithéâtre * ; de même pour les lampes dont on s'éclairait : les sujets comme celui que reproduit notre fi^. 361 sont répétés à Tinfini par les artisans. Pour en augmenter l'intérêt, ils écrivaient au-dessous ou au-dessus des personnages les noms des gladiateurs dont la réputation universelle demeurait célèbre à travers les âges : un Peirailes que le Trimalcion de Pétrone avait en si haute estime ^ et qui, avec son camarade Prudens^ agrémente des verreries trouvées en France (fig. 4(54 i *, un Spiculus^ qui était en faveur auprès de Néron ^, un Colamhiis contemporain de Caligula "*. Naturellement ces figurations se répètent avec une monotonie traditionnelle : pour l'ordinaire l'un des deux gladiateurs nous est présenté gravement blessé cl levant un doigt pour implorer le peuple, suivant l'usage, et obtenir la vie (fig. 361, 463 à 465). Il y a pourtant des scènes qui «orient de la banalité absolue ; il en est ainsi de celles qui sont empruntées à la vie des écoles de gladiateurs. Là, sous la conduite <Ie maîtres éprouvés doctor), d'habitude anciens gladiateurs euxmêmes, les recrues apprenaient l'escrime, s'exerçaient à tirer sur
Fig. 465. — Peinture de Pompci d'après Thédenat (I, fig. 53).
1. Voir plus bas ce qui sera dil de certains vases provenant de la vallée du Ithône.