‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 165 sur 425 · II. LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

II. LES SPECTACLES

à la main, penchés sur leur attelage, lui lâchant les rênes ou le retenant, il y en a de culbutés ; les chevaux s'abattent, les conducteurs sont renversés, les voitures se retournent tandis que le vainqueur se dirigée à une allure calme vers le président des jeux pour recevoir sa couronne, ou, agitant la palme, regagne au petit trot les carceres.

Les noms des cochers et ceux des chevaux ou du moins de Tun -d'entre eux, le plus important, le dernier de tous à gauche [funa-

Fig-. 471. — Cocher du cirque.

Us, cheval de volée attaché par une corde en dehors du timon), sont bien souvent écrits à côté des sujets, les noms de chevaux parfois à Tablatif.

Enfin, autour des coureurs s'agite tout le personnel secondaire : des cavaliers, vêtus comme les cochers, galopent auprès des chars, encourageant les auriges par des gestes et des cris, entraînant les chevaux; des valets, le fouet en main, excitent les attelages; des palefreniers s'avancent au-devant d'eux, porteurs d'une amphore ou d'un récipient plein d'eau, et s'apprêtent à humecter les narines des coursiers et à refroidir les roues brûlantes des chars. Tout ce monde est animé, lève les bras, acclame le vainqueur.

Les différents documents dont il vient d'être question nous fournissent des renseignements précis sur le costume des auriges et le harnachement des chevaux ; ce ne sont point les seuls que l'on

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puisse consulter à cet é^ard. La vopue des jeux du cirque était telle que Fima^e des cochers célèbres li-^urait partout : leurs statues se dressaient aux abords des cirques, sur le« places publiques, dans les thermes, et sur le piédestal on faisait graver la liste de leurs victoires ; leurs portraits ornaient le« pavements des maisons et des édifices publics, décoraient les lampes, les verres, les objets usuels de toute nature, ofl'erts au public par les marchands avisés.

Nous donnons comme spécimen (fi^::. 471) un g-roupe emprunté à une mosaïque provenant d'une villa romaine de la via Cussia^ qui appartenait sans doute à un Septimius Gela ^ ; elle est divisée en quatre cadres, chacun deux occupé par la représentation d'une des quatre factions du cirque, fi<^urée sous les traits d'un aurige, que caractérise la couleur de son costume. Tous ces auriges sont vêtus d'une tunique courte, sans manches, qui ne descend pas au dessous du bas-ventre : les manches collantes qui cachent les bras appartiennent à un vêtement de dessous, une sorte de justaucorps ; les jambes sont couvertes de braies ; l'une d'elles est protégée en outre par une jambière. Pour le cocher de la faction blanche, la casaque est blanche à bordures- rouges et bleues.; blanches aussi les braies et les bottines ; les manches sont galonnées de rouge; le cocher de la faction verte a une casaque verte à galons rouges, des manches jaune pfde rehaussées de rouge et de vert ; celui de la faction bleue, une casaque lileue coupée de galons rouges» des manches jaune clair avec ornements rouges et bleus.; enfin celui de la faction rouge, une casaque rouge bordée de blanc avec manches jaunes à dessins rouges. La taille est serrée dans un large réseau de bandes de cuir qui diminuaient le volume du corj^s et soutenaient les reins ; c'est dans ce corselet que les cochers plaçaient un couteau, dont ils pouvaient se servir, en cas d'accident, pour couper les rênes où ils auraient été emprisonnés.

La tête est enveloppée d'un casque d'étoile, cerclé de fer, de même couleur que la tunique et orné d'un petit panache sur le enté ; il était retenu en place p.ir une jugulaire. Ailleurs le panache unique est remplacé par deux ailettes ; sur les fig. 469 et 470 les cochers ont une calotte sans aucun ornement.

Quant aux chevaux, leur cou est entouré de brides et de têtière* chargées d'amulettes, suivant un usage dont nous possédons de

1. Caclani-Lovalclli, Anticln inonnniPiiti iiliislruli. Momc, 1889, 8", p. 14ô et suiv. {exiraii des A tti delln Accailenii;i ilei Lincei, 3* série, \'II ISSI .

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