‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 21 sur 425 · I. LA PEINTURE · texte numérisé non relu

I. LA PEINTURE

hissent le même procédé ; il y a persistance sans arrêt d une technique qui a prévalu.

B. — Pourtant les anciens ont eu aussi recours au système de la détrempe [a tempera dans le langage des Italiens) — les Ég^yptiens Pavaient inauguré dans leurs hypogées. Procédé excellent, limité aujourd'hui aux travaux de Fespèce la plus vulg^aire, ou à Taquarelie, art d'amateurs. Et ce demi-abandon est regrettable, car la fraîcheur de tons que gardent, malgré Faction des siècles, des tableaux ainsi exécutés nous montre la valeur de la détrempe au point de vue de la conservation. (* Des couleurs mélangées avec une substance qui sert à les lier ^, « telle que Fœuf [le jaune et le blanc, ou le jaune seul], le jus de figuier, le lait, la colle [animale], la gomme etc., sont appliquées sur un enduit de même nature, par exemple sur une préparation de craie ou de plâtre mélangée de colle. Lorsque la matière liante est en trop grande quantité, les couleurs appliquées se sèchent au contact de Fair ; la peinture se fendille, se brise et tombe; d'où la nécessité d'appliquer les couleurs en couches minces et de bien sécher avant de retoucher -. »

Nous avons toutefois fort peu d'ouvrages antiques à la détrempe ; il faut probablement ranger dans cette classe les monochromes sur marbre, où le modelé est obtenu par des traits fort déliés, qui supposent l'emploi cFun pinceau très fin étalant peu de couleur. Mais c'est principalement sur bois que l'on peignait ainsi. Industriellement on usait de cette méthode pour protéger les surfaces exposées à Fair des poutres qui formaient l'armature des constructions légères, en moellons ou en pisé^; plus rien n'en a survécu. Des spécimens plus artistiques de la détrempe nous sont fournis — bienfait de la sécheresse extrême — par les cartonnages des momies et par un très petit nombre de ces portraits gréco-égyptiens sur panneau de bois.

Ceux qui relèvent de cette technique présentent une « peinture mince, très unie, d'un aspect pulvérulent ou lisse, sans rien d'éclatant ou de lustré », aux « couleurs mates et claires », d'un « dessin correct et classique », donnant une « impression de pastel ou d'aquarelle ^ ». Finesse, légèreté, gaieté, élégance discrète, ce sont là en elîet les caractéristiques de la détrempe.

G. — Tout autres celles de Vencaustique, dont nous avons des échantillons bien plus nombreux dans la série des portraits égyp-

1. Cf. Laurie, Greek and liomnn Melhods of painling, p. 18 et suiv.

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