‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 24 sur 425 · PROCÉDÉS · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS

est surprenant : les raclures trop fortes disparaissent instantanément ; les sillons les plus profonds se remplissent et tout le panneau se couvre d'une sorte i\c hrillanl analogue à celui que donne le vernis. »

I/emploi du vernis hii-nuMue est douteux ; Laurie ' l'admet pour les peintures d'l']},'ypte. Les peintures de Saint-Martin d'Anf^^ers ne résistaient que fort mal à un lava^^e même prudent ; l'abbé Pinier réussit à les fixer avec un vernis à l'alcool -.

Le peintre mariait les couleurs, avons-nous dit. C'était indispensable dans le portrait, oii les nuances se fondent, se rejoignent par transitions insensibles. Dans la fresque, il semble qu'on se soit davanta;^e accommodé tles teintes plates ; la chose va de soi pour certaines surfaces enluminées d'un ton unique ; mais nous voulons parler spécialement des panneaux à sujets. Ici nous sommes en présence d'une incertitude : les fresques par\enues jusqu'à nous -ont fort endommagées : les mieux conservées oil'rent surtout des Ions simples ; pour les dégradés, les tons complexes en apparence, d est dilUcile de mesurer ce qui est du à l'action du temps et de l'humidité. Les peintres de celte époque avaient d'ailleurs, on a pu le dire "\ une palette très complète. .\ l^ompéi on emploie le blanc rayeux, l'ocre jaune, l'ocre rouge, le cinabre, l'indigo, le bleu •gyptien, le jaune brûlé, la terre violacée, le rose tirant au garance, le vert clair, le ton chair, le violet, le noir. Dans les catacombes, les tons les plus courants sont le rouge, le brun, le jaune, le blanc, le vert : rarement le bleu et le noir : en quelques cas seulement on constate des mélanges •*.

Comment s'exécutait l'esquisse? Sur certains ouvrages '', on s'est rendu compte que les contours des divers motifs, avant d'être repris par le pinceau, étaient incisés à la pointe dans le fond encore humide. Des traces d'incisions ne se remarquent, dans les portraits égyptiens, que parmi les cheveux ; beaucoup ont dû être effacées à l'aide de l'extrémité en spatule du cestre. Le peintre silhouettait la figure d'un trait noirâtre, au pinceau même, dessinait en même temps la bouche et les yeux, brossait le fond, la draperie, et, prenant un instrument plus fin. passait aux menus détails du visage.

Page 1